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Lulu 56 - mai 2007

Un aéroport ravitaillé par les corbeaux et les taxis


Château-Bougon, un aéroport ? Pas du tout, c'est un alibi à parkings, un drive-in géant.

On a bien remarqué : rallier en bus le centre-ville à l'actuel aéroport nantais, c'est pas de la tarte. Le plus souvent, il faut poireauter une bonne heure entre deux navettes, et même jusqu'à 1 h 35 d'attente à certains moments de la journée. Ce qui fait passer le poireau du stade décourageant au niveau carrément rageant. La ligne ferroviaire Nantes-Pornic longe l'aéroport. Personne n'a poussé à l'utiliser pour desservir le centre-ville, rallier le tram.

Pourquoi un service si minable? Consultant en transports, travaillant en Égypte mais résidant partiellement au nord-est de Nantes, Bernard Fourage a une explication: «Les capitaux privés ne viennent que pour un truc réellement juteux, l'exploitation des parkings». Le comble c'est que ces si lucratifs parkings servent pour réfuter une extension possible de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique.

Le dossier soumis à enquête publique pour Notre-Dame-des-Landes réfute une extension du bâtiment de l'actuel aérogare, puisqu'un «parking silo à voiture interdit tout agrandissement». La sacro-sainte recette des parkings (1985 places actuellement) impose donc la bagnole à court terme et condamne Château-Bougon. Notre-Dame-des-Glandes a prévu 6500 places de parking. Pourvu que les stationnements extensifs ne condamnent pas le déménagement du bel aéroport d'ici quelques années, quand d'autres décideurs futés trouveront que c'est trop près de la ville. Cherchez l'erreur.

Voilà donc la bagnole et l'avion nettement favorisés, au détriment du train, qui a pourtant le meilleur bilan environnemental. Les grands serments sur la lutte contre l'effet de serre font un peu ridicule à côté de cet encouragement à polluer à plein réacteurs. Les élus de l'agglomération nantaise peuvent donc multiplier les opérations à veine écolo, Agenda 21 et autres mesures très localisées. Ces efforts ne valent que dans leurs petites frontières communales. Ce qui est bon pour les contribuables locaux se voit contredit pas le projet d'aéroport géant aux portes de l'agglo. Mais pas de problème, comme le nuage de Tchernobyl, les ennuis s'arrêteront aux frontières administratives. On mettra même des agents municipaux pour veiller au grain.
 


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