La lettre à Lulu
n°20 - oct

Var-Atlantique. La Baule à zéros


Croix de bois, croix de fer, le maire de La Baule avait promis de stopper le bétonnage du remblai. Résultat : un immeuble de dix étages vient de pousser en haut de l’avenue De Gaulle, et un casino géant se profile de l’autre côté de l’avenue.


Var-Atlantique. La Baule à zéros
Les dernières villas qui jouaient des coudes entre les gros immeubles sur le remblai de La Baule ne seront bientôt plus qu’un souvenir fugace sur quelques vidéos familiales. Les pourfendeurs du bétonnage guichardien, qui criaient au massacre il y a deux ans -avant de prendre la mairie- ont eu vite fait d’enfourcher les bulldozers de leur prédécesseur pour parachever son œuvre et cimenter la ceinture d’immeubles qui enserre la baie.

«Le projet actuel privilégiant l’immobilier au détriment de notre cadre de vie (...), avec ses immeubles de 10 étages s’avère un échec» tempêtait au printemps 96 le candidat Yves Métaireau, marchand de camions militaires dans le civil, à propos de l’aménagement du haut de l’avenue De Gaulle, prévu par la municipalité Guichard. «Un réaménagement complet du projet sera élaboré avec une densité conforme à celle d’une station balnéaire» ajoutait-il… Les spéculateurs n’avaient qu’à bien se tenir. Il n’était par ailleurs pas question de vendre les terrains «à un prix nettement inférieur à celui du marché» comme c’était prévu. Face au front de mer, l’Adriana, l’une des plus belles parcelles de cette zone a pourtant été bradée en 1997 pour 1,7 MF à la société SCCV, alors qu’elle était estimée 9 MF par les Domaines. D’une certaine façon, Métaireau n’a pas menti : l’immeuble qui vient d’y pousser ne compte pas dix niveaux, mais onze si l’on ajoute les deux niveaux de parkings construits en sous-sol empiétant sous le domaine public. Non contente de s’asseoir sur ses engagements, la nouvelle municipalité a carrément laissé le promoteur construire son immeuble sans permis légal, lui accordant dérogation sur dérogation, notamment l’autorisation de construire des balcons qui débordent de deux mètres cinquante sur la voie publique. Quelques membres de l’opposition -de droite- ont bien tenté de demander des explications auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire, chargée du contrôle de légalité, mais cette dernière ne peut rien faire, n’ayant pas reçu de demande officielle de permis modificatif. «Tout est légal, répond sans se démonter Claude Eon, l’adjoint à l’urbanisme, si le permis n’est pas signé c’est pour des raisons techniques. Pour ce qui concerne la hauteur, nous étions coincés par les immeubles voisins.» Bref, pour arrêter l’escalade, une seule solution, la poursuivre.

Si les choses vont très vite d’un côté de l’avenue De Gaulle, elles sont plus lentes sur l’autre trottoir. C’est notamment le cas du Casino, que la chaîne Barrière entend implanter en plein centre de la station, à deux pas de l’immeuble Adriana. En dépit du rachat du pâté de maisons, qui comptait quelques superbes villas, aujourd’hui laissées à l’abandon, la chaîne n’arrive pas à déloger le marchand de niniches Manuel, qui fait de la résistance dans son échoppe. Au point où il en est avec les réglements, le maire pourrait peut-être prendre un arrêté d’expulsion pour le déloger, histoire de tordre le cou au dernier imbécile qui nous rappelle que La Baule fût un temps, une station balnéaire rigolote à défaut d’être populaire.

La soudaine affection du maire pour les promoteurs lui vient peut-être de son adjoint au tourisme, Pierre Sastre, dont la femme Françoise dirige justement l’agence immobilière Beaulande, qui commercialise actuellement un immeuble appelé à remplacer la villa «Rayon de Soleil», l’un des derniers exemples d’architecture ludique et kitsch sur le front de mer, élément clef du patrimoine de La Baule-les-Pins suivant la mode anglo-normande des années vingt. Mais l’architecture balnéaire ne semble guère peser lourd face à l’architecture financière qui prévaut actuellement sur la Côte d’Amour.

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