La lettre à Lulu
Lulu 58 - décembre 2007

Vice de pub. Programme vélo contre marchandise


On s'est fait braquet la pub à coup de démonte pneu : on nous vante un transport doux pour mieux faire place aux vendeurs de vent.


Vice de pub. Programme vélo contre marchandise
Le vélo en ville, c'est du politiquement correct. Surtout le Vélib à la Nantaise. C'est libre, c'est service, c'est libre-service. Au point qu'on ne s'attardera pas sur la contrepartie consentie par la municipalité. Contre la concession, il y a un double cadeau sous forme de panneaux de pub : autorisation d'emplacement, et toute la recette pour la société des panneaux, sans le minimum de royalties pour la commune comme ça se fait normalement. Ces panneaux de pub pour rien, c'est un truc impossible à espérer dans des centres-villes qui tentent justement de faire bonne figure en limitant la pollution publicitaire. Mais là, pardon, c'est pour la bonne cause. C'est offert en échange au marchand de pub qui a décroché le marché des deux roues en libre-service. En l'occurrence Jean-Claude Decaux, pionnier du mobilier urbain, défenseur du « civisme en ville » selon sa formule, et accessoirement cinquième fortune de France, selon le magazine américain Forbes.

Panneau de la dernière pluie

Monsieur le chevalier du civisme fait donc avaler la pilule de l'envahissement publicitaire et du bizness qui va avec. Civisme my ass ! L'entourloupe ne cache qu'un plan pour faire consommer plus en racolant les consommateurs sur le trottoir. Par exemple en leur vantant les mérites du dernier 4 x 4 à la mode. Au passage, on fait dépendre l'existence d'un service public des ressources publicitaires glanées en contrepartie. Et sans que personne ne bronche. Les élus ont gobé une présentation du marché qui leur fait croire que ce système ne coûte rien à la collectivité ! Alors que Nantes, comme les autres villes, a bel et bien dû abandonner les recettes potentielles et redevances qu'elle aurait dû toucher normalement avec les panneaux de pub. La réclame omniprésente n'a pas forcément la cote auprès du public, mais on l'a planquée derrière les vélos pour ne pas dire qu'on cède l'espace public à des intérêts de grands boutiquiers. La ville est une marchandise. C'est une entreprise de blanchiment de la pub, au lustre un peu terni, et une relance incessante de n'importe quel délire de consommation inutile.

Si bien qu'elle a bon dos la campagne bien pensante sur le vélo, les sermons sur la contribution des méchants particuliers au réchauffement de la planète. Comme quoi, la municipalité socialiste peut sans vergogne se donner des airs avec un peu de vélo bobo, tout en encourageant la croissance du trafic aérien crame-kérosène, en défendant mordicus le projet d'aéroport géant à Notre-Dame-des-Landes..
Sur un vélo Decaux, on pédale moins pour sauver la banquise, que pour les marchands de camelote qui ruinent consciencieusement l'avenir de l'environnement.

À Nantes, le deal nous impose 276 panneaux et sucettes en l'échange de la mise à disposition de 700 vélos. A l'occasion, il faudrait faire le bilan écologique de l'opération : rapporter à chaque vélo les dépenses d'énergie induites par le deal, pour faire construire les panneaux de pub, les transporter les installer, les câbler, les éclairer la nuit et un jour les démonter les retransporter et les mettre à la casse. Une idée pour la planète : et si le transport se faisait sur des remorques de camion tractées par des attelages de vélos ?

Pierre Berné-Rinard

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