La lettre à Lulu
Lulu 72 - avril 2011

Voyantes à nage. Le tourisme chiément connoté


On aurait pu appeler ça Le trip à Nantes. Mais non trop ciblé clientèle toxico. Faut viser large.


Paraît que le nom est en phase de test, d’après Jean Blaise, son papa.
« Le voyage à Nantes® » est une offre culturelle pour soigner l’attractivité de la ville, en fédérant le syndicat d’initiative, le château, la cathédrale et les œuvres éparses d’Estuaire.
L’appellation « Le voyage à Nantes® », est sans doute destinée à vendre un package touristique en fédérant les vécés du Hangar à bananes, les toilettes de l’opéra, les gogues des Machines de l’île et les cagoinces du château des ducs, parce qu’il faudra bien faire pisser tous ces gens qui vont découvrir Nantes et boire des coups à tous les coins de rue pour oublier qu’il n’y a pas grand-chose à voir. Le blog La Méforme d’une ville* a compilé les effet désastreux du nom pourtant destiné à faire rêver : « Cela rappelle Le Voyage à Paimpol, de Dorothée Letessier, escapade manquée d’une Briochine frustrée qui déclare : "Je ne sais plus quoi faire. Je m’ennuie. Je m’emmerde". Ou Le Voyage à Deauville, court métrage glauque de Jacques Duron, où l’un des garçons voudrait bien mais l’autre préfère les filles, quoique, si le premier y met le prix… Ou encore Le Voyage à Bordeaux, de Yoko Tawada, que Les Inrockuptibles résumait ainsi* : "Il se passe à peine quelques heures entre le point de départ du Voyage à Bordeaux, avec l’arrivée de Yuna dans cette ville, et la fin, où elle se fait voler son dictionnaire allemand-français à la piscine. Entre-temps, que se sera-t-il passé ? Quasi rien". »
Bon, bon, pas terrible tout ça. D’autres références ? Le Voyage à Cythère de Baudelaire mais, là encore, le rêve fait flop : « une île triste et noire, un terrain des plus maigres, un désert rocailleux troublé par des cris aigres ». Le Voyage à Biarritz, pièce de Jean Sarment, membre du « groupe de Nantes » avec le pré-surréaliste Jacques Vaché, mais sa pièce ne vaut pas tripette question attractivité et marketing territorial : « Ce voyage là n’est qu’une chimère dans la tête de Guillaume Dodut, chef de gare à Puget-sur-Var » (il est dodut le chef de gare, ah ! ah ! ah !). Autre chose ? « Pas moins chimérique est Le Voyage à Reims, opéra de Rossini dont les protagonistes ne verront pas la Champagne, coincés qu’ils sont à l’Hôtel du Lys d’or de Plombières-les-Bains ». C’est sûr, ça plombe. On pourrait tenter de renommer le package touristique le Dodut-Atlantique. Devant le désarroi des communiquants, une idée peut-être, consensuelle pas trop prise de tête. Appelons ça tout bonnement le « produit nouveau syndicat d’initiative  ». On nous dit que ce serait une mauvaise idée, en fait. Jean Blaise ne supporte pas l’idée de syndicat.
Jules Berne

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