La lettre à Lulu
Lulu 65 - juillet 2009

Vraoooooum. La secte kérozen


Outre un aéroport format maxi, ces experts jusqu'au boutistes prônent un oléoduc, et une centrale nucléaire !


L'argumentaire pro-aéroport commence à voler bas. Exemple avec le Haut comité pour la défense civile et économique des Pays de la Loire*. Qui explique que si le kérosène va devenir « considérablement » plus cher, les avions seront moins gourmands, et on mélangera avec de l'essence synthétique. Tant pis si ce truc de synthèse dérive du gaz naturel, ressource fossile tout aussi limitée que le pétrole. Oubliant l'argument de sobriété, ces experts rappellent que Château Bougon crame 63 000 m3 de kérosène par an, et que « le développement du trafic à NDDL provoquera obligatoirement une demande en forte hausse, surtout avec des avions gros porteurs ». Un Airbus A380 par semaine, c'est déjà 20 000 m3 de plus par an. Avec ces besoins multipliés, un oléoduc direct s'imposerait entre raffinerie et aéroport. Et moins de camions citernes sur les routes, ce sera même écolo-responsable. Un peu moins de gasoil, beaucoup plus de kérosène : le lobby pense faire gober n'importe quoi. On rameute les nouvelles pratiques d'Air France qui commence à réduire ses procédures de roulage sur les pistes, revendiqué comme un plan de réduction de rejet de CO2.

Les experts vont au charbon : « Pendant la 2e guerre mondiale, les Allemands fabriquaient de l'essence à partir de houille. Ce procédé, certes onéreux, pourrait sans doute être repris pour obtenir un kérosène de substitution ». Le charbon, pour le bilan carbone, y'a pas mieux, c'est connu.

Du haut de son altitude, ce haut comité prône l'option de NDDL comme « troisième aéroport international de Paris », même si « ce scénario paraît peu vraisemblable à moyen terme ». Mais « prévoir un développement a minima, c'est se condamner à réagir au coup par coup ». Conclusion : il faut « prévoir dès maintenant une extension foncière »! C'est pas parce qu'on ne sait pas où on va, et si on ira, qu'il ne faut pas se mettre à courir.
Autre souci, le jus : « Le futur aéroport sera plus gourmand que Nantes Atlantique, et nécessitera une puissance installée plus importante (...) Il serait donc judicieux de prévoir l'implantation, dans un rayon raisonnable, d'une source de production électrique aussi peu polluante que possible » servant aéroport, Bretagne et Pays de la Loire. En France, cet euphémisme a un nom : centrale nucléaire. Un malheur n'arrive jamais seul.

* Rapport à la commission transport du Conseil de développement de Nantes métropole, mai 2009.

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