La lettre à Lulu
Lulu 81 - juillet 2013

Wirquin à la fois. Le « roi du sanitaire » taulier de taudis


Quand il ne fait pas dans la chasse d’eau, le patron de Wirquin plastiques fait dans l’insalubre.


Deux cents cadavres dans un appart’. Deux-cents cloportes sur le dos. Un fait divers signé Daniel Le Coënt, dit le « roi du sanitaire », ce qui est toujours mieux que « pape des chasses d’eau », vu qu’il produit des vide-chiottes en plastoc, des couvercles de gogues (« abattants », en langage technico-châtié), des accessoires à cagoinces et salles de bain. Lui est au Medef, à la chambre de commerce, à la CGPME, partout. Il est PDG de Wirquin plastiques, sa femme Marie-Laure directrice générale. Deux fistons se partagent l’Europe, la Russie et la Chine. Il n’y a pas de directeur de cabinet. Leur boîte, 1 200 salariés, huit filiales à l’étranger, passe pour être un des fleurons des success story à la nantaise. Le couple règne aujourd’hui sur un petit empire de robinets et de bitoniots pour salles de bains. Pas suffisant : le loustic est aussi à la tête d’un parc immobilier. À un jet de cloporte de sa belle demeure dans le parc du Housseau, à Carquefou, le couple Le Coënt loue un logement, comment dire ?… proche du taudis, c’est ça. Une locataire a découvert avec effroi l’état sanitaire déplorable. C’était du provisoire, en attendant d’emménager dans la maison neuve, pas tout a fait prête. Tellement provisoire que le couple avec enfant n’est pas resté plus de deux jours dans ce qui ressemble à un gourbi indigne. « On venait de vendre notre maison, confie Elena Jehanno à Lulu. 43 m2 : c’était petit, mais provisoire avant de s’installer dans notre nouvelle maison. On a vite déchanté. On entend les voisins comme si on était chez eux. Dans la salle de bain, le plâtre se décolle. Le plancher s’effrite. Coupée en cinq logements, la maison baigne dans l’eau, l’humidité remonte par le sol. » Le plancher grouille de cafards, ou de blattes, elle n’a pas eu le temps de détailler. Les plafonds suintent, les murs sont fissurés, le compteur électrique défaille… Idéal pour élever sa petite famille. « J’ai eu peur pour notre bébé, et notre chien aussi. » Mais ces quoi ces sensibleries ? « Des blattes n’ont jamais tué personne », rétorque le charmant proprio* qui sait déblatérer comme personne. « Les autres locataires se rachètent régulièrement des oreillers, piqués d’humidité, poursuit Elena Jehanno. Il y avait des bestioles, de la famille des cloportes. J’ai mis un produit insecticide : on en a retrouvé deux cents cadavres dans la chambre ! Les locataires précédents, c’était des petits jeunes, des gentils qui hébergeait de temps à autre des SDF. L’un a eu la gale. Le propriétaire a juste remis du parquet sur la moquette où a dormi quelqu’un qui avait la gale ». Pas question de dormir là ! Le Coënt prétend que la gale, ça non, jamais*. Mais il n’a pas voulu répondre à Lulu. Sans doute persuadé qu’en tirant la chasse, on éloigne les ennuis.

* Ouest-France, le 27 avril 2013, ne signale pas que le proprio est ce patron connu, régulièrement célébré par la presse locale pour sa position dominante sur les marchés des cabinets et des salles de bain. Et donc, l’humidité, il connaît.

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La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN Un plan d'apurement, c'est avant le dépot de bilan, pas après. Ou alors c'est de l'apurement post mortem. Original.
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La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN On parle pas d'il y a 14 ans. C'est pas d'l'archéologie. C'est une appellation cadrée par la loi.
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La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN @antonytorzec @MSpeacefully Lulu s'excuse de répondre en retard. Il avait jokari.
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