La lettre à Lulu
n°26 - déc

XXème siècle : Les calendriers de la honte


Le genre humain doit affronter son échec majeur depuis le début de la nuit des temps : Ni Jean-Marc Ayrault, ni le socialisme triomphant n’ont réussi à éradiquer le mal du siècle : les revenus occultes des calendriers des pompiers et des postiers, couverts par leurs administrations.


XXème siècle : Les calendriers de la honte
Comment redonner à la civilisation occidentale tout son éclat, quand chaque année ressert le marché occulte des recueils de douze mois en huit pages, servis sur le paillasson par un pompier ? Le quêteur en uniforme en impose plus qu’un vulgaire démarcheur en civil. On ne refuse pas son calendrier à tarif d’aumône. D’autant que le calendrier est aussi, pour certains esprits enfumés, un fétiche contre le mauvais sort. Un réflexe pas très rationnel mais plus répandu qu’on ne croit. «C’est dans les quartiers populaires que ça rapporte le plus. Certains croient que s’ils n’achètent pas le calendrier, ils risquent plus d’avoir le feu dans l’année, ou craignent d’être moins bien secourus en cas d’incendie. D’autres pensent qu’on ne peut pas refuser à quelqu’un en uniforme ! C’est souvent un peu irrationnel», commente un pompier nantais qui refuse de vendre ces calendriers. Ce qui le choque, c’est que des collègues, dotés d’un salaire garanti, fassent la quête en uniforme et perçoivent des sommes auprès de gens qui gagnent souvent moins qu’eux, au SMIC, voire au RMI.

Après décembre 2000, en dernière page, un topo insiste pourtant : «Nous vous remercions de l’accueil que vous réservez à nos placeurs de calendriers qui se dévouent chaque année».
La monnaie glissée au pomplard n’est donc pas de la charité, mais bien une prime au dévouement.

Un calendrier qui n’a pas de prix Association interne, l’Amicale des pompiers du district de Nantes assure la gestion de ces juteux calendriers : 60 000 cette année. «C’est une tradition, depuis 25 ans, qui fait suite à notre mutuelle qui a lancé ça en 1945, grogne Gilles Jeannotin, le président de l’amicale, pas content qu’on s’intéresse à ce petit commerce. Tout le monde n’y va pas, mais les agents qui le font remettent leur recette à l’Amicale. On ne leur impose qu’un prix de base, variable selon les quartiers, défavorisés ou plus nantis. Chacun donne ce qu’il veut, on n’impose rien. Les recettes, c’est transparent, tout le monde est au courant au sein du corps des pompiers.» En fait de transparence, Gilles Jeannotin s’enflamme d’indignation à l’idée d’ouvrir les comptes de l’amicale. En l’absence de chiffres officiels, on ne peut que compter sur les estimations qui courent les couloirs de la caserne : «Certaines entreprises peuvent laisser jusqu’à 1000 F. Ça doit générer un million de francs de chiffre d’affaire pour l’amicale, autant pour les mecs qui le placent…» Entre la recette rapportée et la marge conservée par chaque pompier, on ne saurait imaginer une différence, donc un revenu occulte. Sur ce sujet, le chef de l’amicale ne dément ni n’approuve, et reste laconique : «ça ne nous regarde pas». Selon les quartiers, dix à quinze francs seraient rétrocédés par calendrier à l’amicale, à la reprise des invendus. Le reste ne regarde que ceux qui veulent l’imaginer.
Interrogé par Lulu, Jean-Marc Ayrault, président du District et donc patron des pompiers ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet. Les pompiers passant sous tutelle départementale au 1er janvier 2001, il n’a aucune envie de créer d’incident, voire d’incendie, avant de lâcher la tutelle des susceptibles hommes du feu.
«Le plus dingue, c’est qu’une partie de la recette visible alimente la mutuelle maison des pomplards, explique un réfractaire à la calendriérisation. C’est donc l’aumône publique qui paye notre couverture sociale complémentaire, alors qu’on a déjà accès à la mutuelle des salariés du District.» Mais il ne faut pas l’ébruiter. Tous les fonctionnaires se mettraient à jouer les mendiants pour se payer leurs mutuelles. Il est urgent de donner aux casernes de pompiers un statut d’ONG.

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