La lettre à Lulu
Lulu 63 - décembre 2008

banco. Merde ! à la crise


Votre banque frôle la banqueroute ?
Le meilleur anti-panique bancaire, c'est un bon petit déj' café-croissants-conférence sur la liquidation totale avant travaux.


banco. Merde ! à la crise
Il fallait bien les bois dorés et les trumeaux de l'ancienne piaule du généralissime Cambronne pour dire un bon merde ! à l'adversité. Dire merde à cette main invisible du marché prise dans la confiture du profit. Une séance de rattrapage était offerte le 27 novembre par Ecofi investissements au cercle Cambronne, salons de réception de prestige s'il vous plaît. Lulu s'est tapé l'incruste. De l'autre côté de la rue, l'ancien appartement de Jules Verne, ajoute le chauffeur de salle qui s'est renseigné. Entre le général à prendre au mot et l'écrivain à prendre au pied de la lettre, ça doit être une métaphore de l'emmerdement maximum version anticipation. Ecofi Investissements, filiale du crédit coopératif* a ainsi convié ses clients à une séance de petit déj' pédagogique pour rappeler que tout va pour le mieux, hormis une légère ruée vers le pire dont on ne peut prédire l'échéance. Une petite douzaine de clients a répondu à l'appel, à peine plus que le staff bancaire et les hôtesses du vestiaire réunis. La crédibilité des banquiers ayant pris du plomb dans l'aile, dans le nez, la queue et le train d'atterrissage, il faut donc ra-ssu-rer ! Résumé du discours du DG Christophe Couturier, déboulé spécialement de Pantruche pour commenter en cours magistral une palanquée de graphiques : il faut se méfier des « liquidités qui s'accumulent dans les bulles ». Champagne, mousseux, Champomy et autres roteuses sont donc à bannir. Deuxième leçon : « Il y a des raisons d'espérer dans les solutions rapides, enfin, euh... qui vont prendre un peu de temps ». Tout paraît dit, mais pourtant le banquier insiste devant ses schémas dont toutes les courbes se cassent la gueule. Avec les pays émergents, « La théorie du découplage s'effondre ». Et Cambronne qui ne dit mot. La ministre Lagarde ne se rend pas à l'évidence. Et ne meurt pas non plus. On vient à peine d'avaler les petits croissants sous le lustre qu'on apprend que la dette des ménages américains va croissant. Donnez-leur de la brioche ! Mais attention, à ce stade de digestion, un banquier de gauche se doit d'évoquer les « émeutes de la faim » en prévenant « il y a un danger », tout ça entre les flambées pétrolières et la baisse des indices de fret international. Pour le reste, on retiendra que « les prévisionnistes ont été beaucoup trop optimistes ». On aurait pu prévoir que ces gens-là sont imprévisibles.

Sinon, il faut attendre, comme il se doit, le fameux « retour de la confiance », mais quand ? Aucun tuyau sur les paris des prévisionnistes et des bookmakers. En attendant, « les statistiques prévoient une crise tous les dix-mille ans », mais là, patatras, « c'est en fait tous les quatre ans ». Encore un coup des prévisionnistes. Ne partez pas sans savoir que la « théorie du triple A collatéralisé » ne tient plus, au point que « même la dette sûre n'est plus sûre ». Information : « pendant la crise de 29 à 32 aux États-Unis, 78 % des banques ont fait faillite ». Ça doit être un objectif aujourd'hui : péter un score plus
flatteur. Enfin, histoire de rentrer serein retrouver ses économies dans les chaussettes, le DG d'Ecofi lâche que « toutes les banques sont en faillite, virtuellement. Mais ce n'est qu'une faillite virtuelle ». La précision a le don de rassurer. Enfin, virtuellement. Et pour finir, le directeur général martèle que si la crise économique est devant nous, « la crise immobilière, la crise bancaire, c'est terminé ». Ce doit être ce qu'on appelle la phase terminale.

Jérome Kervillain

* Le crédit coopératif est partenaire d’une conférence « Économie sociale : quelles stratégies de développement ? », organisée par le journal Les Échos le 27 janvier 2008 à la maison de la chimie à Paris. Prix de la journée : 1 136,20 euros TTC par tête de pipe ! (mais seulement 358,80 euros TTC pour les entreprises de l’économie sociale). ? ce tarif-là, l’économie sociale mérite d’aller en bourse. On ira tous au paradis (fiscal).

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