La lettre à Lulu
n°4 - mai

Nantes-accueil
Nul est préfet en son pays


Charles-Noël Hardy est le plus sympa, le plus intelligent, le plus sexy des préfets que notre belle région ait jamais eus. Et ceux qui diront le contraire sont le genre à croire ce que raconte la lettre à Lulu.


<font color='#FF0000'>Nantes-accueil<BR></FONT>Nul est préfet en son pays
Sémillant giscardien, aventurier inspiré par l’initiative des autres, homme de raison méprisant le mépris, il est l’archétype du héros moderne. Issu de la promotion « St-Just » de 1961 à l’ENA, Charles-Noël Hardy a été obscur chargé de mission de Giscard aux finances en 1964, passant au service de Couve de Murville, de Broglie, et à nouveau de Giscard en 69 . Il est bombardé préfet à Blois en mai 77. En Loir-et-Cher, où Giscard a une résidence personnelle, il était hors de question, sous sa présidence, qu’un préfet ne soit pas bon teint bons offices. Et pour servir, il sert bien. Au point de monter au créneau du château de Cheverny lors d’un soirée de gala avec Danielle Gilbert, dépêchée pour le lancement d’un petit hebdo très politique lancé par le fils de Giscard.

« Tout pour se faire virer »

Au soir de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, le préfet du Loir-et-Cher a quelques ennuis avec le ministre de l’Intérieur Gaston Defferre. Dans une interview à la Nouvelle République, le giscardien militant a juré mordicus que jamais il ne servirait sous le régime socialo-communiste. Le mi-nistère lui ayant fait comprendre qu’il devait mettre ses promesses à exécution et lever le camp, Charles-Noël exprime son ressentiment crispé, toujours dans les colonnes de la N.R. « Il a tout fait pour se faire virer » se remémore un journaliste de Blois. Le lendemain, Charles-Noël est sommé de déguerpir dans la journée. La réception d’adieu est ajournée sine die. Le fiston du préfet, malade à ce moment là, doit être hébergé le soir même par un employé de la préfecture. Recyclé comme directeur général des services de Basse-Normandie, cet ancien animateur des Clubs «Perspectives et Réalités» de Giscard passe en 87 au département du Var puis redevient préfet chez Pasqua en Hauts-de-Seine, entre 89 et novembre 93.

Casque colonial

Venu alors à Montpellier avec son menton en galoche et ses airs de regarder par dessus les gens qu’il toise, le préfet Charles-Noël Hardy n’y a pas laissé que de bons souvenirs, notamment auprès du maire Georges Frêche. Comme l’a rapporté l’hebdomadaire «La Gazette de Montpellier», Frêche a ainsi salué son départ : « Le préfet qui nous quitte, c’était un nul absolu, certes courtois, oui, mais nul. Qui c’est, Monsieur Hardy ? Un petit politicard, proche de Giscard d’Es-taing, qui a quitté la politique pendant deux ans et qui n’a pas été capable de débloquer un seul dossier ! (…) Sur l’emploi, il a fait… du démarchage. Seulement Monsieur, il fait de la politique. Au moins le nouveau préfet qui arrive, il est RPR, et ça me fait plaisir : il vaut mieux un RPR, je sais où je vais, qu’un UDF flasque qui est incapable de faire quoi que ce soit. Alors puisqu’il va à Nantes, Monsieur Hardy, je l’ai habillé pour l’hiver. J’ai appelé mon ami Ayrault, le maire de Nantes et je lui ai dit : « Tu as touché un préfet à talons compensés avec le casque colonial et un bel habit blanc. Chez nous, il ne distinguait pas Ouagadougou de Montpellier ! ». Comme cadeau de départ, je voulais d’ailleurs lui offrir un casque colonial et un costume blanc. Delacroix (ndlr : le directeur de cabinet de Frêche) m’a dit « faut pas, ça serait vilain ». (…) Je l’ai assez vu : deux ans avec Hardy, c’est suffisant pour toute la vie. (…) C’est le plus mauvais préfet que j’ai vu dans l’Hérault depuis vingt ans ! Et il n’aura pas la médaille de la Ville. Il n’aura rien du tout ! » A peine arrivée à Nantes, Mme la Préfète s’est fait remarquer en réquisitionnant -une heure après la débauche des travailleurs de la préfecture-, un chauffeur et une voiture pour aller faire des courses en ville. Quant à Charles-Noël, autoproclamé champion des initiatives pour l’emploi -malgré ce que dit Frêche-, le gros de son travail du moment consisterait (si l’on a l’outrecuidance de croire les jaloux, malfaisants et mauvaises langues) à tenter de recupérer comme venant de lui toutes les initiatives déjà lancées avant son arrivée.

François-Athanase Charrie de la Contrainte

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