Pour toute tentative de viol, mieux vaut soigner ses dates. L’idéal : la veille d’un jour férié. Ainsi, à la mi-août 1997, le long de l’Erdre, un homme veut exiger d’une femme un strip-tease sous la menace. Des promeneurs le surprennent avant que ça tourne plus mal. Avant de s’enfuir, il frappe au visage sa victime mise à genoux. Mais le quidam est coincé par les flics qui découvrent que leur client a un casier judiciaire chargé par une sérieuse condamnation pour viol par les Assises du Rhône. Pourtant, en cette veille de mi-août, le magistrat de permanence au parquet n’a pas envie de gâcher son lendemain férié en se déplaçant pour auditionner le bitopathe et l’envoyer en taule, en attendant d’être jugé. Par téléphone, il ordonne à la police de le remettre en liberté en lui notifiant une convocation à une audience correctionnelle postérieure. Où il ne s’est jamais montré. Mais en préservant son confort estival, le magistrat n’a pas pris de risque. Un pervers qui se respecte ne penserait jamais à violer le sacro-saint repos du 15 août.
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n°18/19-été
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