La lettre à Lulu
N°5/6 - été 1996

Absorba. Les sales manies des ramasse-cracra


Déguisés en Monsieurs Propre, des Gros Dégueus font de gros dégats. Mieux que l’arroseur arrosé et le pompier pyromane, voilà les dépollueurs pincés en pleine pollution volontaire.


Absorba. Les sales manies des ramasse-cracra
La SOAF vient d’être prise la main dans le sac qui pue : après avoir pompé une fosse septique chez un particulier, le chauffeur d’un camion de vidange a été pris en flagrant délit alors qu’il déversait sa nauséabonde cargaison dans les égouts. Ce qui n’est pas une «erreur» puisque sept avertissements après flagrants délits similaires ont déjà été adressés à la SOAF. Le huitième a été transmis au procureur de Nantes.

Sanitra-Fourrier, appartenant au groupe Lyonnaise des Eaux, était de 1992 à décembre 1995 le fournisseur officiel des chantiers de dépollution d’hydrocrabures au District. Ce dépollueur s’est aussi fait pincer à saloper en douce l’environnement au lieu de le nettoyer. A Couëron, un voisin de l’entreprise se plaint de mauvaises odeurs, de picotements dans la gorge, et aperçoit régulièrement les camions déverser leur contenu que le terrain de l’entreprise boit goulument. Comme ce 21 novembre 1995 où un camion-citerne vidange sous ses yeux un liquide non identifié, quelques heures après que Sanitra ait pompé à Nantes une pollution accidentelle de fioul dans les égoûts. Le sol absorbe encore mais le voisin en a ras-le-bol. Il prévient une association de défense de l’environnement, l’ADPN 44 qui a une permanence 24h/24. La préfecture est alertée, mais chez Sanitra Fourrier on cherche à faire disparaître les preuves : un bulldozer est chargé de brasser le terrain illico. Le voisin en pétard bloquera le bull avec sa voiture particulière.

<B>Un dépôt clandestin. </B>Les experts de la DRIRE* constatent la pollution par hydrocarbures. Ils relèvent aussi que cette station de stockage temporaire des déchets industriels est exploitée illégalement, sans autorisation préfectorale. De plus, les cuves de stockage, fixes et mobiles, sont à l’air libre, «à même le sol, sans ouvrage de rétention étanche».

Depuis janvier, deux enquêtes préliminaires confiées aux gendarmes par le Parquet sont en cours pour pollution et infraction au code de l’environnement, suite à la plainte d’une association locale et aux deux procès verbaux de la DRIRE. Sanitra s’est déjà vu sanctionner par le District qui a confié le marché à Actia, filiale de l’autre géant, la Générale des Eaux. Vive l’alternance.


<I>* Direction régionale de l’Industrie, de la recherche et de l’environnement, Inspection des installations classées. Un service de l’Etat.</I>


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