La lettre à Lulu
Lulu 64 - avril 2009

Affaires étrangères. Gasprom: les préfets à l'assaut de l'asso



L'inventaire à la préfet

Affaires étrangères. Gasprom: les préfets à l'assaut de l'asso
Routine des offensives : la police y va de convocations régulières, prétextant un jour une incitation aux mariages blancs, plus tard une rumeur de Roumains vendant des enfants, un trafic de drogue, ou suggérant une complicité de fraude dans les trains ou les trams, les amendes revenant au local du Gasprom, où sont domiciliés ceux qui voyagent sans ticket. Autant de poursuites qui seront pourtant abandonnées en route. En 2003, nouvelle insinuation avec une enquête de justice sur la complicité de proxénétisme ciblant des associations qui aideraient des prostituées de filières louches. L'accusation est relayée par Le Figaro. La police nantaise soupçonne de prosti-tution des Ghanéennes qui pour leur démarches se sont domiciliées au Gasprom. La qualification des faits sonne ronflant : « complicité de proxénétisme aggravé ». Les associations féministes ne tombent pas dans le panneau et gardent leur appui entier au Gasprom, pour qui il est hors de question de fliquer ceux qui passent aux permanences.

La dernière en date de ces attaques est dans la droite ligne des précédentes. Ça se joue sur un agrément qui n'existe que depuis 2003. Il est accordé à titre transitoire, avec reconduction tacite. C'est un peu flou, mais il n'y a pas de problème. Jusqu'à l'été dernier, ou réapparaissent les soupçons à peine voilés de filières mafieuses, voire de réseau tchétchène. La préfecture suspend l'agrément qui permet au Gasprom de domicilier les Roms, les demandeurs d'asile et tous les sans-papiers qui veulent ainsi lancer leurs demandes de paperasse, recevoir leur courrier. Le retrait de cet agrément empêche l'accès au droit. L'administration fait le mort, laisse traîner, reporte les demandes d'entrevues et, quand elles ont lieu, n'apporte aucune réponse. Les évolutions ne sont apprises que par la presse locale. La guerre des nerfs est ouverte. En grec, le nerf, c'est un lien. Mais bon, c'est des étrangers, les Grecs. Qu'ils aillent se faire voir.
Ali Mentation


* alias groupement accueil solidarité et promotion des travailleurs immigrés
** Nantais venus d'ailleurs, collectif, PUR éditions, 2007

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