La lettre à Lulu
Lulu 76 - mai 2012

An 01. On arrête tout


ND-des-Landes, point de non retour, qu’ils disent. Ah bon ? Comme Plogoff, le Larzac, ou plus proche, Le Pellerin, Le Carnet et Donges-Est.


Pour défendre l’aéroport de Notre Dame-des-Landes, une nouvelle justification est apparue, timidement pour l’instant, mais on risque de l’entendre de plus en plus. C’est l’argument du pragmatisme résigné : « De toute façon c’est trop tard, les indemnités à verser à Vinci en cas d’abandon du projet coûteraient trop cher. » Vinci aurait si bien verrouillé son contrat qu’il obtiendrait de conséquents dédommagements. Cette question s’est déjà posée ailleurs, aux Amériques, et a été tranchée par les Yankees qui ont préféré l’abandon au gouffre financier. i[« En 1984, les industriels du nucléaire [américain] annulèrent la construction d’au moins une douzaine de centrales lorsqu’il se rendirent compte qu’il était plus économique d’arrêter les chantiers que de terminer les centrales et de les mettre en route »]i, explique L’industrie du mensonge, relations publiques, lobbying et démocratie, de John Stauber & Sheldon Rampton, qui vient de sortir aux éditions Agone. On n’est quand même pas plus cons que les Américains, quand même ! La presse commence à évoquer un abandon du projet*. Machine arrière ? Petit rappel. L’usage de la marche arrière est déconseillé dans les avions. Les contrôleurs aériens n’aiment pas du tout régler les croisement en mode reverse. Mais si on n’a pas démarré, il suffit de faire enlever le tout par la fourrière. 

* Le journal Terra éco du 26 mars 2012* pose la question : « Aéroport de Nantes : faut-il faire machine arrière ? Un retour en arrière est-il encore envisageable ? »

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