La lettre à Lulu
n°32 - mar

Arsenarque. Trop de morgue autour d’un corps


Trois ans après, le suicidé de l’Arsenal est devenu un présumé pendu. Il n’y a peut être pas que l’enquête qui a été exécutée en toute hâte.


Un mauvais souvenir remonte à l’arsenal d’Indret, avec la mention “Qualifications : meurtre ou assassinat”. L’instruction de la plainte contre X déposée au tribunal de Nantes le 26 janvier par Annick Le Saux devra tenter d’y voir plus clair sur la mort de son compagnon, André Rigault, ingénieur civil habilité “confidentiel défense”. Trois ans après, bien des zones d’ombre obscurcissent son suicide, dénomination officielle de sa mort. “Si on m’avait prouvé qu’il a choisi de se suicider, j’aurais accepté” dit-elle. Au lieu de ça, un paquet d’invraisemblances et les explications hautaines, purement administratives d’une institution relevant de la Défense nationale qui va jusqu’à produire le devis de 295 000 F, de la société sous traitante commise pour finir le travail d’André Rigault à tarif fort. Le document est sensé prouver que l’Arsenal tenait trop à sa grosse tête pour lui vouloir du mal. Le procédé a une délicatesse toute militaire.

André Rigault avait été retrouvé mort dans des conditions étranges sur son lieu de travail, l’arsenal d’Indret où le moindre bouton de porte est classé confidentiel défense, et pas la moindre autopsie n’avait été ordonnée pour chercher les causes de la mort ? Curieux. Le corps disparaît bien vite, alors que la mention “obstacle médico légal” apposée par le médecin du Samu qui constate le décès aurait du déclencher une autopsie judiciaire et interdire que le corps soit immédiatement donné à la science comme l’avait prévu l’ingénieur de son vivant. Surprenant. Tout ça comme si on avait voulu faire disparaître le corps et rendre impossible une autopsie aux lendemains de son arrivée à la morgue. Étrange. Un délai record entre le constat du décès et le permis d’inhumer : dix minutes, soit un temps de réflexion expéditif, alors que le rapport du médecin n’est établi que le lendemain. Bizarre. Une pendaison avec une corde trop mince, qui casse, ce qui ne cadre pas avec un ingénieur féru de maths et de résistance des matériaux, même pour ses bricolages chez lui. Inexplicable. Un rapport de gendarmes qui se contredit sur beaucoup d’horaires, de la découverte du corps, du contact avec la famille, et qui oublie de constater des détails significatifs comme le type de corde autour du cou, ou la tenue de travail d’ouvrier revêtue par l’ingénieur. Anormal. Ca fait beaucoup pour un seul homme. Et beaucoup d’adjectifs que le dictionnaire donne comme synonymes de louche.

<I>* Voir “Un pont roulant de questions”, Lulu n°28/29, juin 2000.</I>

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