La lettre à Lulu
Lulu 50 novembre 2005

Bazar de l’hôtel de ville. Stratégie agressive du art-discount


Vigilance : la bimbeloterie unique à prix subventionnés risque de fragiliser le commerce mondial. Que fait l’OMC ?


Bazar de l’hôtel de ville. Stratégie agressive du art-discount
Soldes monstres au Lieu Unique. Tout à un euro pendant une heure. Mêlée effrénée pour choper le sac asiatique, le jouet gonflable ou la peluche bradée à un euro. Pour les invités du vernissage de l’expo «Contact», le 15 octobre, le centre culturel s’est transformé en supérette sous couvert d’art contemporain. Bazar bimbeloterie plein de babioles pour bobos. Moins cher que là-bas ! Vente à perte, dirait la direction de la concurrence. Ce doit être le petit marché de Noël version boboland. Officiellement, l’étal qu’on s’arrache est une performance d’un plasticien thaïlandais, Surasi Kusolwong, «l’un des artistes les plus importants de la scène artistique asiatique actuelle», souligne le dossier de presse aux belous et béotiens. Il a fait venir de chez lui des centaines de gadgets que seul un jugement de classe moyenne éclairée désigne comme kitsch. L’alibi culturel est donc en place pour que chacun se positionne avant le top départ devant l’objet convoité, sac à bandoulière, bestiole en vinyle gonflable, peluche couleur criarde, coussins de relaxation, joujou plastique. Il y a même un sac estampillé de la gueule du Che. C’est dire si on fait dans le rebelle. Les «clients» jouent des coudes avec assez de retenue pour se garder de cette avidité aussi brutale que vulgaire des jours de soldes. Restons mondains, il y a là le maire et sa dame. Tout est prévu, même le grand sac en plastique tissé, must des immigrés en vadrouille, réapproprié par les branchouilles tout excités par l’aubaine de cette consommation éclair low cost. Le grand sac à rayures à un euro permet d’y fourrer un max de gadgets cheap alors que l’artiste hurle des trucs incompréhensibles dans son mégaphone. Aucune distance critique sur l’avidité d’achat ou sur la société de consommation, que cette «performance» encourage. Pourtant, la présentation de l’artiste assure que ses installations «trouvent un équilibre parfait entre un aspect festif et une critique acérée de la société actuelle». Entre l’état néant de la fête et le degré zéro d’acération de la critique, l’équilibre est effectivement parfait.

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