La lettre à Lulu
Lulu 52 avril 2006

Bénévole, pigeon vole ! Pauvre comme job


Zéro défaut, zéro pointé. Et retour pointer à l'ANPE.



Appelons-la Solange. Elle cherche du travail. Reçue il y a quelques mois par la société SRCI consultants à Saint-Herblain, elle découvre les bienfaits de l'embauche bénévole. SRCI, ça veut dire stratégie ressources, communication, innovation. Avertissement de la sergente recruteuse : «On avait pensé à un étudiant pour le poste, mais on n'a pas trouvé. Pas eu le temps. De toute façon, on n'a pas les moyens de le payer». Voilà pour la stratégie. Le boulot, c'est de la pure saisie de données, pour actualiser le fichier informatique clients, plombé par trois mois de retard de mise à jour. Un truc fastidieux, à faire toute seule, sans le moindre encadrement. Question ressources, la boîte n'en manque pas pour pousser à la productivité bénévole : pas de CDD, juste la formule tout bonus d'EMT, essai en milieu de travail, prévue pour ceux qui voudraient tâter d'une autre branche et se réorienter. L'essai de quinze jours sans un sou à la clé n'offre rien à apprendre, juste à prendre ou à laisser. Solange a préféré laisser. Pour son volet communication, SRCI a un site internet, qui annonce des partenariats avec des avocats, Afnor, la chambre des métiers, la CCI et le mouvement français pour la qualité. Rien que ça. Côté innovation, Solange pas post-moderne pour deux sous a raté une bonne occase d'être à bonne école. SRCI se dit spécialiste du diagnostic de prévention des risques professionnels, et de l'audit social. La saisie de données sans paye, c'est le bonus social. Solange n'a pas saisi.

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