La lettre à Lulu
Lulu 67 - décembre 2009

C'est ma télé à moi. La petite télé bouffe-gouffre


Mieux que le dégrippant : vive la télé deux en un.


C'est ma télé à moi. La petite télé bouffe-gouffre
Le petit poucet à bouffé le géant. Perclue de dettes*, manquant cruellement de la pub escomptée, lâchée par Ouest-France qui l'avait rachetée dans un paquet avec Presse-Océan et les quotidiens d'Angers et du Mans, la chaîne Nantes 7 a donc vécu. La voilà absorbée par Télénantes, jusqu'ici sa rivale sur le même canal, petite chaîne qui n'avait que cinq heures d'antenne par jour. Marrant de penser que pour faire passer son offre qui réduit les effectifs et assume des licenciements, Télénantes a argumenté sur l'économie nécessaire de moyens et surtout d'effectifs. Alors qu'à l'opposé, elle a elle-même un ratio plutôt luxueux : 19 salariés pour produire quatre heures quarante de programmes frais par semaine.

Il a d'abord fallu élargir un peu le tour de table de la première offre de reprise menée par Télénantes auprès du tribunal de commerce. Le CSA avait décerné la fréquence à deux entités distinctes, il fallait sauver les apparences. Pour éviter un clone trop manifeste en terme de capital, on a vaguement étoffé l'actionnariat minoritaire, poussant le CCO à lâcher mille euros pour faire bien dans le paysage, tout en tapant six mille euros à Sciences Com, l'école qui dépend de la chambre de commerce, tout en bénéficiant aussi de subventions publiques. Original, une école de communication se retrouve donc co-proprio d'un média. Une idée comme ça, on pourra aller chercher de la main d'œuvre à pas cher parmi les étudiants qui déboursent déjà 5 500 euros par an pour leur scolarité. Un genre de mécénat indirect, par les stagiaires.

Question pépettes du contribuable, la lettre Com&Médias a fait le compte : « Les TV nantaises mobiliseront 2,1 millions d'euros d’argent public par an »*, pour cette fréquence locale plus vraiment bicéphale. Soit 1,4 million pour Télénantes l'« associative-citoyenniste-territoriale », et 750 000 euros pour Nantes 7 sauvée des eaux. Dans les collectivités, l'austérité touche les budgets communication, plus à la réduction qu'à l'inflation. Ce qui fait tousser chez ceux qui crachent au bassinet.

* Lettre Com&Médias numéro 97, décembre 2009

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