La lettre à Lulu
Lulu 60 - juin 2008

Ça tire, hic !

La traite des éteignoirs



Il ne s'est rien passé en mai 68. C'est ce qu'on apprend en lisant ce bouquin. En avril, on note un naufrage, en août un problème de liste des mariages. Entre les deux, rien. Telle est la chronique de 1868 dans le premier des trois tomes de cette histoire très documentée de la presse nantaise*. On entend dans Le Phare les cris des bouffe-curés beuglant «À Lourdes, les lourdauds!». On y croise une girafe en osier et un dromadaire d'Egypte, un plaidoyer contre la peine de mort (en 1866 !) et le premier syndicat ouvrier de France. On y lira des histoires de négriers et de politiciens, du peuple et de people, de flics et de fusillés. Ça tire de tous les côtés.

Les z'a-tu lus, les ancêtres à Lulu ? En 1814 naît Le Nain jaune, feuille satirique locale, vite remplacée par une publication en exil belge, Le Nain jaune réfugié, édité hors d'atteinte par une «société d'anti-éteignoirs». Le premier hebdo satirique illustré est Le Pilori, en 1870. Trois numéros seulement. Et juste après la Commune de Paris, Au chat botté naît en mai 1871, «politique, satirique, garibaldien, illustré et républicain». Publié à Nantes mais pas en éteignoir et blanc.

* La presse à Nantes de 1757 à nos jours, de Jean-Charles Cozic et Daniel Garnier. T1: Les années Mangin (1757-1876), Ed. L'Atalante.

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