La lettre à Lulu
n°18/19-été

Calvaire. Puberté, bénitier, fraternité



On peut rater sur le tôt une carrière de Frère des écoles chrétiennes et se trouver sur le tard des talents d’écriture. «Ce livre n’est pas un constat d’huissier, mais une arête que j’expulse, un abcès que je crève, un poison que je vomis». De ses trois ans -«Les plus terribles de ma vie» au Juvénat de Derval avec vacances très encadrées à Pornic, Pierre-Marie Bourdaud tire une confession amère et entière* où il conte les humiliations infligées par les frères encadreurs des têtes blondes vouées au professorat très catholique. En séparant les mômes de leur famille, comme dans les sectes les plus glauques. Le nom de ces profs en soutanes n’est pas cité, mais les initiés reconnaitront les Frères de Ploërmel. Ce petit livre écrit avec beaucoup de style, presque trop parfois, étale les frustrations contries, les docilités contraintes, les silences forcés, les gestes ambigus. Un vaccin contre l’embrigadement. Comme quoi, l’enfance catho, c’est la croix et la barrière.

<I>* «Mes bien chers Frères, une enfance d’autrefois dans un internat». Ed. L’Harmattan.</I>

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