La lettre à Lulu
Lulu 70 - novembre 2010

Casse-coûts. Embrouilles & compagnies


Condamnées pour dumping social, travail dissimulé ou entrave au comité d’entreprise, les compagnies low cost réclament toujours le tapis rouge.


Casse-coûts. Embrouilles & compagnies
Fumasse d’avoir été mise en examen fin septembre pour «travail dissimulé», Ryanair ferme sa base à Marseille en janvier 2011. Ne supporte pas qu’on la titille sur le contournement du droit du travail, la compagnie employant sous contrat irlandais ses salariés opérant depuis la France. L’enquête a aussi été ouverte pour «entrave au fonctionnement du comité d’entreprise». En avril dernier, la compagnie EasyJet est condamnée à 1,4 million d’euros de dommages et intérêts pour travail dissimulé, épinglant les contrats sous statut britannique de quelque 170 salariés à l’aéroport d’Orly. La compagnie est aussi condamnée pour «entraves aux organes de représentation du personnel et défaut d’immatriculation». L’Urssaf réclamait huit millions d’euros de cotisations sociales non versées. En mai, après le nuage du volcan islandais, Ryanair a aussi été condamnée en Italie à trois millions d’euros d’amendes pour avoir violé, dans 138 cas, ses obligations légales d’assistance aux passagers en cas d’annulation de leur vol. En 2008, Que Choisir révélait déjà qu’Easyjet se faisait tirer l’oreille pour rembourser les vols annulés, même après avoir été condamnée par un juge. N’ayant pas de siège en France, juste des comptoirs d’enregistrement, la compagnie se protège des huissiers. En juin, la Halde, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, annonce une plainte contre EasyJet pour discrimination envers une handicapée débarquée d’un avion de la compagnie sous prétexte qu’elle n’était pas accompagnée. Pour Jeannette Bougrab, présidente de la Halde, «les compagnies low cost ont un temps de rotation court» et elles «privilégient la rentabilité à l’humanité»*. Rotation, vitesse, rendement, toujours la même histoire. Au même moment, les autorités aériennes soupçonnent Ryanair de remplir ses réservoirs de carburant au strict minimum, quitte à mettre en péril la sécurité de ses voyageurs**. Mais ces braves compagnies casse cou et casse coûts sont l’avenir d’un aéroport. Avec l’aval des socialistes qu’on attendait plus regardant. Les scrupules ? Envolés.

* AFP, le 12 août 2010
** Air Journal, le 7 juin 2010

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