La lettre à Lulu
Lulu 67 - décembre 2009

Casser la baraque. La petite maison dans l'âpre répit


Un chantier de débroussaille contre la décanille forcée. Pinceaux et tronçonneuses face au projet d'aéroport en répit du bon sens.


Casser la baraque.  La petite maison dans l'âpre répit
À Notre-Dame-des-Landes, en cette zone d'emprise des terres réquisitionnées par le projet d'aéroport, le bocage est ponctué de quelques maisons habitables, ou qui l'étaient encore il y a peu. Comme celle où vivent depuis 1993 Florent et Marie-Paule Lefièvre et leur chien Mickey, qui se fait un peu engueuler quand il aboie dans la maison, mais qui est un chien rigolo. C'est au lieu-dit Les Planchettes, au bord de la route. Les services sanitaires sont passés, ils ont pris des photos du toit qui fuit, des murs humides, du plafond prêt à s'écrouler. Ils ont décrété la maison insalubre. C'est vrai qu'elle est déglinguée, mais on peut la retaper. Quelques dizaines de bonnes volontés solidaires et opposées à l'aéroport viennent de la remettre aux normes. Deux tronçonneuses débitent le bois pour la cheminée, les débroussailleuses font un sort aux ronces qui ont envahi le terrain et les abords du corps de ferme. Le lierre a été arraché des façades de cet ancien relais de poste, un tableau électrique conforme monté, fenêtres retapées, vitres et mastics reposés. Décapés, les murs de la chambre sont ré-enduits au lait de chaux.

Chantièrement d'accord


La réunion de ce chantier autogéré prend des airs d'assemblée générale peinture fraîche. Ce jour-là, le ciel est au mouillé. On reviendra pour remanier la
toiture. L'avant-veille, un voisin a monté un chauffe-eau avec un ballon de 50 litres, adapté au calibrage du compteur électrique, réduit à 15 ampères par EDF, suite aux difficultés de paiement du couple. Avant ça, il n'y avait même pas d'eau chaude au robinet.

« Le principe, ici, c'est de ne laisser aucune maison se détruire, et de les occuper. C'est un des moyens de résistance à l'aéroport », explique un de ces retapeurs de maison. Faut dire que des gens qui habitent sur place, c'est plus gênant que des vieux murs à bousculer d'un coup de bulldozer. Si ces braves gens pouvaient sentir qu'il vaut mieux décaniller avant d'être expulsés, ce serait quand même mieux. L'an dernier, le Département a menacé les Lefièvre d'expulsion. Depuis, c'est officiel, annoncé pour le 31 décembre. Bonne année. Ce « nettoyage » s'inscrit dans un mouvement d'ensemble. « Une cinquantaine de maisons sont promises à l'expulsion et à la destruction. Cinq ont déjà été démolies et au moins trois autres sont menacées de manière imminente », disent les résistants-bricoleurs. L'Acipa dénonce aussi « les 7 775 000 euros dépensés par le conseil général 44 pour l’achat de 29 maisons (sur 700 à 800 concernées) situées dans le périmètre de sursis à statuer ; cette opération immobilière n’a d’autre but que d’acheter la paix sociale au nord Loire. »

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