La lettre à Lulu
Lulu 86-87 - novembre 2014

Chapeau, la retraite ! L’Auran ou tant


Voilà un retraité très bien retraité. Un demi-million après la limite d’âge, c’est mieux que du recyclage, c’est un encouragement à dépasser la date de péremption.


Jean-Yves Pailloux a été pendant trente ans directeur général de l’Auran, l’agence d’urbanisme de l’agglomération nantaise. Depuis la création en 1978. Mais il n’en avait pas assez. Dépassant déjà de neuf mois la limite légale d’âge à 65 ans, obligé de partir en retraite, il a fait cinq ans de rab : on lui a trouvé un petit job bien peinard, "conseiller technique", ah non, pas un emploi fictif, holà, pas du tout, qu’est ce que vous allez penser-là, un travail disons pas trop foulant à l’Auran qu’il a dirigée. La chambre régionale des comptes vient de dévoiler cette rallonge confortable et indique avec ses mots polis et pesés qu’à partir de 2008, "le rôle effectif de l’intéressé apparaît bien vague". La réponse du président de l’agence, Jacques Floch fait dans le flou : "les libellés des missions de conseiller technique ne sont ni vagues ni sybillins" car l’intéressé, très intéressé même, "a concouru à une organisation de l’agence efficace et à l’exécution de programmes partenariaux de travail dans le cadre d’une maîtrise salariale de l’agence". Embaucher un retraité qui aurait dû faire le boulot avant de partir ou le préparer pour son successeur, c’est donc un moyen de gérer au mieux les dépenses salariales…. Allez comprendre.

Entre son indemnité de départ à l’ancienneté, soit 209 000 euros (c’est beaucoup mais légal, prévu par la convention collective et calculé à partir de la rémunération, et le monsieur était bien payé) et son petit boulot peinard, il aura palpé quelque 500 000  euros après son pot de départ en retraite. Là aussi c’est légal, puisque, depuis Sarko, un retraité peut cumuler (sous certaines conditions en théorie) sa pension et un petit job avec le même ancien-nouvel employeur, ici payé "6 944 euros [brut], compte non tenu de quelques avantages supplémentaires". À une époque où on bassine les fonctionnaires sur la rigueur nécessaire, on voit les égards pour les grands chefs. Si Presse-Océan a traité le sujet* sans nommer le grand bénéficiaire de ce traitement privilégié, Ouest-France s’est contenté la veille d’une brève de 21 petites lignes très discrètement titrées "Critique sur la gouvernance de l’agence d’urbanisme" en retenant une phase du rapport des magistrats des comptes : "critiquable sous l’angle de l’économie des moyens mis en œuvre". Difficile de faire moins. Une idée : si Pailloux se mettait en auto-entrepreneur ni vague ni sybillin, il pourrait peut-être assumer pendant les cent ans à venir le conseil rapproché de l’agence d’urbanisme.

Jean-Edmond Canailloux
* Le 22 octobre 2014.

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