La lettre à Lulu
Lulu 50 novembre 2005

Citizen sarbacane. Louboutin joue à rachat perché


Pour Presse-O, on avait preneur sur place et faut qu’on aille chercher un repreneur à Rennes !


Citizen sarbacane. Louboutin joue à rachat perché
Hervé Louboutin est un patron de presse à plaindre. A la tête du Nouvel Ouest et de Nantes Femmes, il écope de procès aux prud’hommes intentés par trois de ces dames payées en douce et remerciées en dur. Les procédures sont en cours, alors que l’Urssaf et le fisc s’interessent à ses affaires.

Outre le droit du travail, les talents de Louboutin s’exercent aussi sur le reste de la presse : il vient de proposer de casser sa tirelire pour racheter Presse-Océan contre un euro symbolique. L’offre a fait bondir les salariés du journal, dont la CGT du Livre qui n’a pas oublié dans quelles conditions sieur Louboutin a débarrassé le plancher de Presse-O dont il était alors le rédac’ chef adjoint*. Un tollé interne et une motion de défiance après un édito signé Louboutin sur Maurice Papon l’avaient poussé dehors, en empochant une rondelette prime de départ. Les faveurs dont bénéficie Citizen Louboutin ont perduré : la régie publicitaire de Presse-Océan a signé un contrat avec Louboutin, lui assurant une avance garantie sur recettes publicitaires pour le lancement de Nantes Femmes : de 185 000 euros, quelle que soit la collecte de publicité effectuée par la régie. Un accord en or pour Louboutin dont la diffusion de Nantes Femmes ne fait pas le carton du siècle. Pour parachever son plan de séduction, Louboutin a publié dans Le Nouvel Ouest de septembre un grand plaidoyer pour le pluralisme dont il incarnerait, on s’en doute, le meilleur garant, publiant sans se nommer, sa propre photo, bien recadrée, auprès de Robert Hersant en 1993. Louboutin a ajouté un fac-similé d’un courrier de la plus pire eau anti-syndicale signé Hersant et adressé aux salariés après une grève empêchant la parution. Le papivore indique alors que «Presse-Océan et L’Eclair n’ont de pire adversaires que ceux qui en vivent». Pour jouer les sauveurs, Louboutin a mis son costume de Don Diego de La Vega (Zorro c’est fatigant), avec une détermination : «Il faut sauver Presse-Océan, Le Courrier de l’Ouest, et le Maine Libre. Ils peuvent l’être. C’est une question de volonté». La volonté à un euro, qui dit mieux ?

* Voir Lulu n° 9, février 1997 : «Odieuse censure contre notre
estimé confrère Louboutin».

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