La lettre à Lulu
n°21 - déc

Code des marchés. La case de l’oncle Noël



Code des marchés. La case de l’oncle Noël
A Noël, le commerce, ça ne peut que marcher. Le marché de Noël, deuxième du nom, inspiré d’une formule bicentenaire en Alsace, installe donc ses stands en décembre. L’opération est menée entre commerçants du centre de Nantes, CCI et Ville, qui optent pour des chalets en bois disponibles sur le marché. Une formule écartée l’an dernier, la Mairie ayant alors préféré des kiosques au design mastoc, conçus pour l’occasion. Des boxes très pratiques, qui prennent l’eau, et où il est interdit de planter le moindre clou ! Chacune des trente boîtes bleu délavé aura coûté
15 000 F (plus du double du prix d’un chalet), sans compter 3 960 F de montage et démontage, et plus de 30 000 F pour les stocker après l’opération : le local est loué, tiens donc, par un certain Joseph Bonnet, alors vice-président de la CCI, qui s’est gentiment proposé comme garde-meuble. Vigiles, pères Noël, pub radio et affiches, droits de place et assurances font grimper la note à presque 1,2 MF, somme partiellement subventionnée par la Ville et l’Etat via le fonds Fisac de soutien au petit commerce. La CCI a donc poussé la fédération des commerçants à gonfler ses investissements, en s’assurant ensuite d’un autoremboursement sur les subventions à venir.

Question tiroir-caisse, c’est une telle réussite que les commerçants locataires des emplacements ont fait une pétition contre ce marché de Noël. Les kiosques sont pourtant ressortis pour la Coupe du monde, mais on ne trouve plus que 17 preneurs, vite dépités, certains déclarant forfait avant terme. Depuis, les kiosques maudits, que l’association «Vitrines de Nantes» a failli passer par les flammes, ont été lamentablement bradés 3000 F pièce à des particuliers, pour y remiser leurs binettes de jardin ou leur élevage de lapins. Espérons qu’ils n’aient pas réglé avec des chèques en bois.

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