La lettre à Lulu
n°26 - déc

Concelledise. On a maraîché sur la thune


Des usines qui ne devraient pas s’installer, des nuisances à gogo, du chambard et des puanteurs. Mais du muguet tous les ans. Ainsi va la vie à Saint-Julien-de-Concelles.


Concelledise. On a maraîché sur la thune
La plus grande commune de Loire-Inférieure a v fleurir dès 1975 des Zones Urbaines Economiques. Beau-Soleil, la plus grosse de ces ZUE, rassemble bientôt des boîtes qui prospèrent, «industries légères, non-génératrices de nuisances» comme le veut le règlement des Z.U.E. En fait, les riverains sont empoisonnés par un potin d’enfer, les odeurs fétides des rejets à même les fossés, et des vapeurs toxiques des traitements industriels. Dès 1986 un expert indique «qu’il faudrait installer un mur anti-bruit et une clôture végétale de 15 m», puisqu’aucune zone tampon n’avait été prévue. Malgré son rapport, la menuiserie industrielle SLE, du groupe Cussoneau (classé à risques par la DRIRE), s’installe sans problème, comme l’usine de recyclage de palettes Fadet, qui se vante d’avoir investi 4,5 MF par respect de l’environnement. En fait, «seuls 100 000 F ont été consacrées à la plantation d’une haie» avoue-t-il à Lulu. S’appuyant sur ce même rapport, les riverains réclament au maire Clovis Mercier qu’il fasse respecter les règlements. Pétitions, envois recommandés. Rien ne bouge. Sauf pour envisager l’extension de zones d’activités, inépuisables mannes à taxe professionnelle. En bord de Loire, 38 ha n’attendaient que ça. Mais en zone inondable, impossible de construire. Branchement d’eau, d’électricité, tout-à-l’égout ont pourtant été investis. En pure perte. On se rabat sur Beau-Soleil, dont 85 familles de riverains se constituent aussitôt en association de défense. Devant la télé locale, le maire fait de belles promesses de mise aux normes. On attend toujours. «Depuis 10 ans on nous ment, rien n’a bougé, on s’est fait berner», enragent-ils. Le Pdg de la SLE, principal mis en cause avec les Ets Fadet, affirmait il y a un an : «aucune nuisance sonore, olfactive ou visuelle, ne saurait perturber l’environnement, compte tenu du matériel utilisé et de l’insonorisation du matériel». Il devait ignorer le rapport de l’APAVE, demandé en vue de son homologation, qui indique un bruit moyen de 50 décibels, des pics à 60 db, alors que les textes sont clairs : «au dessus de 30 db, un bruit est considéré comme gênant». Un peu plus, on ferait passer les entreprises pour des maladies gênantiques.

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