La lettre à Lulu
Lulu 101

Contrats zéro euro

Circulez !


Job d’été : agent de circulation, civil, bénévole. Y'a pas de petit profil.


Début mars la Tan avait déjà annoncé des conducteurs recrutés chez les étudiants. Mais on va plus loin dans le lowcostisme en recrutant des « signaleurs » bénévoles « avec pour objectif sécuritaire de réguler circulation automobile et traversées piétons, les semaines les plus "chargées" des travaux » de l’été aux abord de la gare. Un chantier pourtant doté d’un budget de 15,1 millions d’euros financé par Nantes métropole. C’est une jeune association, Ouest Radio Assistance, qui fournit les volontaires à ce job non payé, mais bien cadré, selon trois plages horaires de deux heures et demie par jour, à partir de 6 h 45 du mat’. On peut prendre deux tranches, ou toute la journée soit sept heures 30 de service à l’œil. « Pas besoin de compétences, explique un responsable de l’asso à un postulant. Ce qui motive les gens, souvent des chômeurs, comme moi, c’est d’être utile. Et le repas de midi est pris en charge. En revanche, avec Pôle Emploi, il vaut mieux être discret et ne pas dire qu’on fait du bénévolat... » Il fonctionne comme une petite entreprise, relançant les gens un dimanche pour remplacer au pied levé un désistement pour le lundi matin. Et les syndicats qui trouveraient bizarre ce travail gratuit ? « Ah ça, c’est la Tan qui le gère... »  

Côté Tan, le recours à ces bénévoles n’est finalement pas gratuit : « Pendant les travaux d’été l’ensemble de l’information et de la gestion des flux piétons est assuré par plusieurs intervenants : les agents terrains du Réseau Tan ; des volontaires salariés du Réseau Tan ; une prestation rémunérée d’intérimaires ; puis effectivement, en complément du dispositif, le Réseau Tan s’appuie sur l’expertise de Ouest Radio Assistance (gestion de prestations équivalentes auprès d’autres partenaires privés lors de manifestations sportives). Le Réseau Tan rémunère via un contrat l’association pour cette prestation. » Montant du contrat ? Là, la Tan passe au silence radio : « Le contrat est réalisé entre cette association et la Semitan et ne regarde que ces deux parties. »
 

Quatre semaines de ce boulot d’auxiliaire de la circulation, à raison de six signaleurs requis à chaque créneau, ça fait un planning de 1 080 heures de travail non payées. En comptant au Smic avec les cotisations patronales, la Tan remplace une dépense de 11 811 €, soit 0,078 % du budget du chantier, par un montant tenu secret. Moins la prime de précarité de 10 % de zéro pour les impayables signaleurs.


Lu 128 fois