La lettre à Lulu
n°37 - été

Couverture. Ni vu ni connu j’tambouille




Pire que la mal-bouffe, la déloyal-boustifaille. Les pros de la restauration ont fait condamner pour concurrence déloyale la cantine du Foyer de la jeune travailleuse, rue de Gigant à Nantes. Le 19 mars 2002, la cour d’appel de Rennes a donné raison au syndicat des tambouilleurs professionnels face à cette association 1901 qui restaurait tout le quartier, pas vraiment que des jeunes filles de 16 à 25 ans. Le Foyer a été condamné au franc symbolique, devenu 0,15 euro. Pas d’inflation sur le dos de l’euro. Employés d’assurances, de banque et même secrétaires de cabinet d’avocats venaient y déjeûner à un tarif de cantine d’entreprise, sans la moindre carte d’adhérent, et même en payant avec des chèques restaurant, malgré l’absence d’agrément. Soit 400 repas par jour sans reverser de TVA, disent les hôteliers. Moins, rétorquent le foyeriste de la jeune travailleuse. Pour dénommer cette infamie, les professionnels de la profession ont mitonné un nom pas très comestible : le «paracommercialisme». Sûrement un plat qui se mange froid.

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