La lettre à Lulu
Lulu 57 - juillet 2007

Dadaïsme. Concours hippique de circonstances



Toujours à cheval sur les principes de comptabilité publique, la chambre régionale des comptes s'est penchée sur le stade hippique de La Baule, haut lieu du jumping international. La Baule se veut La Mecque du canasson qui saute. Mais le stade François-André manque d'évènements toute l'année. Construit en 1970, il accuse son âge. Plus aux normes pour accueillir du public.

En 1998, première étude de faisabilité. Aucune suite.

En 2001, nouveau budget pour une "mission d'élaboration du programme de l'opération qui n'a pas été menée à son terme". Le cabinet de consultant préconise la polyvalence de l'équipement. Estimation des travaux : 4,6 millions d'euros.

En avril 2003, malgré toutes les études préliminaires, on découvre le sale état de la piste et de la tribune du stade. Il faut revoir le projet, ajouter un économiste, un paysagiste, un spécialiste des aires de compétition et un bureau d'étude fluides. Curieux : personne n'a prévu ce beau monde plus tôt. Le joli cafouillage fait grimper le coût de l'opération de 13,5%, certains lots gagnant 20% par rapport à la prévision. Les magistrats des comptes toussent aussi sur le flou des missions qu'elle entend rémunérer. Et ces dépassements couvrent à des problèmes prévisibles. Pour un équipement polyvalent, c'est-à-dire prévu pour d'autres plaisanteries que les seuls bourrins sauteurs, on attend encore les manifestations commerciales, culturelles, et congrès. Un peu de danse bretonne, une vente aux enchères. Pas de quoi casser trois pattes à un canasson.
Capitaine Paddock


La Baule, station debout
Président de l'union des commerçants baulois, Gérald Bosio déplore l'immobilisme de la station*. Il a un slogan: "La Baule debout!". Sans doute un clin d'œil à la commerçante avenue De-Gaulle, le général ayant entonné "La France debout!", depuis reprise par le Front national. Rappelons que la station debout, même pénible, n'a rien d'une quelconque mise en mouvement. Mais le boutiquier en chef ne vise peut-être qu'à mettre tout son monde au garde-à-vous.
* Ouest-France, le 7 février 2007

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