La lettre à Lulu
Lulu 89 - juillet 2015

Déconantes. Le cyclo bouchonneur


Dilemme cyclique : la ville apaisée énerve.


Fallait y penser. Lancer la "parade cyclo festive" pile-poil à l’heure de la débauche dans les rues de Nantes, donc de la transhumance des "commuters", comme disent les urbanistes. Une vraie réussite pour une "ville apaisée" revendiquée, cette sortie en plein air mercredi 3 juin de Vélocity 2015, avec le ban et l’arrière-selle des socialos et écolos convoqués pour faire peloton. La ville apaisée en a énervé plus d’un : le centre-ville cadenassé pour laisser le macadam aux deux-roues à provoqué des kilomètres de bouchon aux quatre-roues. Et tac, bien fait pour le méchant pollueur, cet homo automobilus qu’on a juste oublié de prévenir – ne parlons pas de coconstruction de son avis... Sauf que les adeptes des transports en commun ont été, eux aussi, réduits à poireauter ou à passer en mode bipède apaisé forcé, trams et bus étant piégés dans la nasse. Du bout des lèvres, Pascale Chiron, adjointe à l’urbanisme apaisé, a reconnu un horaire peut-être pas adapté. Un aveu désolant de naïveté : l’élue aurait pu au contraire se réjouir d’avoir évité pareil happening un mardi, jeudi ou vendredi. Après tout, la politique est souvent l’histoire du verre à demi-plein ou à demi-vide. En même temps, mieux vaut ne pas pousser le bouchon trop loin.

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