La lettre à Lulu
N° 77 - juillet 2012

Déficité des ducs. Télétrounantes


Le département voisin balance sur le trou à Télénantes. Qui s'insurge. C'est l'insurrection qui vient, ou quoi ?


Si c'était une entreprise normale, Télénantes aurait du prononcer sa dissolution. Mais c'est un mot difficile à prononcer. Mais mieux vaut ça qu'un administrateur judiciaire sur le dos, qui tente de sauver quelques meubles pour les revendre dans un dépôt vente et régler les créanciers. Cette télé locale est pourtant dans le rouge vif. Sur un budget de 2,6 millions (le capital social n'est que de 122 500 euros), la perte serait de 400 000 euros en 2011, selon Christophe Béchu, président du département de Maine-et-Loire. Il l'a écrit le 4 juillet, expliquant son refus au maire d'Angers qui lui demandait de participation financière à une télé locale angevine. "Comment ne pas s'interroger, écrit Béchu, sur un dispositif qui reprend a priori à l'identique un modèle économique et d'organisation dont nous avons pu hélas constater par le passé à Angers mais également à Nantes (avec encore 400 000 euros de déficit en 2011) qu'il n'était pas viable sur le long terme".

Côté N7TV, le président Éric Warin dément: "Chiffre qui traîne. Rumeurs... Le vrai déficit certifié par nos experts comptables est de 220 000 euros. Les raisons ? On a démarré en septembre2011 avec trois mois de retard, donc moins d'espaces publicitaires à vendre, dans un contexte commercial un peu tendu, ajouté au problème d'un engagement collectif des collectivités pas proratisé en amont". C'est-à-dire ? Ben euh. Le Département à réduit sa subvention de 300 000 euros. Et l'ampleur du déficit, presque le double du capital ? "Ça tient, maintient Warin. On reste sur un modèle d'économie mixte avec un désengagement progressif des collectivités pour aller vers 60% public, 40% privé. Notre problème c'est que le désengagement est intervenu un an trop tôt...". Le temps est aux négociations d'enveloppes de rallonge.

Pourtant, en reprenant pour une bouchée de pain Nantes 7 pour fusionner l'associative et la commerciale à effectif réduit, la nouvelle société anonyme N7 TV assurait que le modèle économique de chaîne deux-en-un était viable avec 32 salariés. Avant la fusion, les deux mangeaient 4,5 millions d’euros avec 57 salariés. Mais en fait non. Quatre mois après la reprise d'antenne, l'effectif a du sévèrement s'alléger. Plan social. Six départs.

C'était Jean-Pierre Pernossou, pour patatras.news

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