La lettre à Lulu
Lulu 65 - juillet 2009

Deux flics pas ami -ami. Sauté de poulet


Prise de tête à la police communale. En cause : le chef.


Deux flics pas ami -ami.  Sauté de poulet
Le chef de la police locale traîné devant un tribunal. Ça sent son thriller du Chicago des années trente, mais ça se passe bien à Nantes, au XXIe siècle bien sonné. Affilié à la CFTC, le SNPM, syndicat national des policiers municipaux, majoritaire dans le service, conteste cette nomination devant le tribunal administratif. Le rififi porte sur la légitimité du l'actuel patron de la police municipale. L'ancien, Gilles Nicolas, est passé de la police nationale à la municipale, puis adjoint depuis les dernières élections. Tout vient de là. Contre l'avis du préfet, Ayrault a imposé Didier Fillion-Nicollet, ex-commissaire divisionnaire, directeur régional des RG du coin depuis 2004. Il ne le doit qu'à son grand mérite, pas du tout à son prédécesseur, Gilles Nicolas, ancien de la même corporation des renseignementeurs généralistes. Chargé du contrôle de la légalité, le préfet n’a pas donné son aval sur ce nom. Il a fallu qu'Ayrault fasse jouer ses relations à Paris pour que le préfet avale son chapeau. Il faut rappeler que les casquettes à feuilles de chênes sont assez indigestes. Une fois à la retraite, l'ex patron des RG est donc passé garde champêtre à galons, sans avoir fait carrière dans la police municipale, ni passé le concours. « Embaucher un retraité comme directeur est totalement illégal. À la limite un commissaire de police en détachement, mais pas un retraité », note Dominique Martin, président national du SNPM, majoritaire dans les polices municipales.

Candidat non grata

Impossible de prétendre qu'il n'y a pas eu de candidat: il y en a eu deux ! L'un n'a fait que passer : sélectionné, quasiment recruté, il est venu à Nantes humer l'air local, et a finalement décliné l'offre. Horreur absolue : la police municipale n'a pas eu de patron pendant huit mois. Il y avait un autre candidat en interne,
statutaire, mais pas dans les petits papiers de Gilles Nicolas. Accessoirement syndiqué au SNPM, cet impudent a même contesté à l'époque à Gilles Nicolas sa capacité à agir comme directeur opérationnel, s'appuyant sur les même textes. Une fois élu adjoint, Gilles Nicolas n'a pas perdu la mémoire. La bisbille avec le syndicat remonte à ça. Avant de devenir adjoint à la sécurité dans l'équipe d'Ayrault, Gilles Nicolas était retraité. Il ne pouvait légalement occuper le job. On l'avait subtilement nommé « chargé de mission à la sécurité » : ça paye mieux, mais ça le limitait normalement à la seule direction administrative des poulagas communaux. Pratiquement, il ne se gênait pas pour assumer la direction opérationnelle. « Un contournement des obligations légales bien précises », dit Dominique Martin. On ne dit pas contournement, on dit tournement. Sinon, ça fait malpolicier.

Julot Lesqui

Sollicité par Lulu, Gilles Nicolas n'a pas voulu s'exprimer.

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