La lettre à Lulu
Lulu 96 - avril 2017

Dézingue le public


L’école de design conquiert l’univers en s’universitant. Hein quoi ?


Les frontières entre enseignement supérieur public et boîtes privées s’estompent. « Association inédite entre l’université de Nantes et l’école de design Nantes Atlantique », claironne un communiqué diffusé par les deux entités. Au menu : formations et projets de recherche communs, actions développement international « où la prégnance du modèle universitaire facilitera la lisibilité de ces actions », dit le communiqué. Pour pénétrer des marchés à l’étranger, renforcer ses petites antennes en Chine, en Inde et au Brésil, l’école de design a bien besoin du label université, son cheval de Troie pour vendre sa camelote.

Structure gérée par les patrons locaux via la Chambre de commerce, l’école du design (6 100 à 7 700 euros de frais de scolarité par an), manifeste un ravissement jargonné, considérant l’alliance avec l’Université comme « une opportunité formidable et un levier puissant pour le territoire et son rayonnement ». Le terrain était déjà préparé, notamment via le Quartier de la création, Île de Nantes oblige : en 2018, l’école de design y déménage à côté des écoles d’archi et des beaux-arts et d’un pôle cultures numériques de l’université. Paraît que c’est un « écosystème » des industries créatives, nouveau credo de la croissance en temps de crise. La séparation de l’élitisme et de l’état de la fac publique n’est pas à l’ordre du jour.

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