La lettre à Lulu
N°5/6 - été 1996

Dissolution. Bac avec mention acide



A la fin de l’été dernier, à Fresnay en Retz, une petite fille de 9 ans dit à sa maman: «j’ai joué dans la vieille usine. Il y a des grandes piscines. Quand on jette quelquechose dedans, ça fait pscht et tout plein de fumée». Alerte ! En fait, les «piscines» sont des cuves pleines d’acide. Un PV des services vétérinaires y relève 17 500 litres d’acide sulfurique dans une citerne, un bac de soude, 4 bacs d’hydroxyde de potassium, 122 m3 d’acide aminés dans 5 cuves, sans parler de 50 sacs et deux fûts de produits non identifiés. Le PV prévoit une mise en demeure sous délai d’un mois pour nettoyer l’usine désertée par la SAAPHY* qui a légué ces dangereux restes. Le syndic liquidateur de la société n’a pas un sou pour intervenir. C’est donc le trésorier payeur général qui a fini par régler 1,2 million de F à une entreprise spécialisée pour débarasser les produits chimiques courant mai. Quand on pense que pendant quatre ans, on aurait pu répondre à la question insoluble : l’enfant est-il soluble dans l’acide ?


<I>* Implanté au printemps 1991 dans une ancienne laiterie à Fresnay en Retz, Michel Flork prétendait extraire de quoi faire des cosmétiques et des médicaments à partir de poil de porc. Exploitée illégalement, en infraction aux réglements des installations classées, l’usine a été fermée administrativement en mars 92.</I>

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