La lettre à Lulu
n°27 - mar

Dollarge. La croisière s’amoche



Mille sabords, c’est de la cagnotte, pas de la gnognote. C’est dans son port d’attache nantais, que les armateurs qui opèrent Le Ponant et Le Levant, deux paquebots à voile de cent mètres pour 90 passagers, ont décidé d’arraisonner leurs anciens partenaires, deux frères américains, George et Vassos Papagapitos, tour opérators vendant des croisières à travers deux sociétés basées à New York, Classical Cruises et Travel Dynamics. Le contrat liant les Papagapitos brothers à la compagnie des Iles du Ponant date de septembre 1994. Le sillage est heureux pendant plusieurs années, on envisage même des prises de participation croisées dans le
capital de chacun. Les pourparlers échouent, et le ton monte aussi vite que les sommes réclamées par les Américains : en septembre dernier, les frangins tour opérators traînent leurs anciens partners d’outre Atlantique devant le tribunal de New-York, réclamant 12,4 millions de dollars, soit 82,4 millions de francs, pour rappel de commissions, promesses frauduleuses et autres amabilités, tout en claironnant que ce procès va mettre les armateurs français sur le sable. Une action tactique pour discréditer les exploitants des deux paquebots à voile, plaident les Français, qui assignent à leur tour les Papagapitos brothers devant le tribunal de commerce de Nantes, réclamant 37,5 millions de francs notamment pour procédure abusive à New-York, dénigrement et concurrence déloyale. La justice adopte un rythme de croisière.

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