La lettre à Lulu
Lulu 50 novembre 2005

Don de la farce. Charité très bien ordonnée


Les œuvres sociales de Nantes chipotent les aides aux pauvres. Sans donner de chipolata en contre partie.


Don de la farce. Charité très bien ordonnée
La générosité a des limites. Le «règlement d’aide sociale facultative» du CCAS, centre communal d’action sociale de la ville de Nantes, est très précis sur ces limites. La politique d’aide aux plus démunis va de la santé au logement, des coûts de formation ou de scolarité aux frais de recherche d’emploi, jusqu’aux bons de douche ou de lavomatique. Pour décrocher le «prêt stabilité», il ne faut pas être interdit bancaire, ni en surendettement.
Il faut aussi une pièce d’identité. Les gens du voyage sont marron. Ils sont titulaires d’un carnet de circulation, descendant du carnet anthropométrique, mais l’administration ne le considère pas comme pièce d’identité.

Beaucoup n’ont pas d’autre document officiel. D’autant que vivre en caravane suffit pour être exclu des aides. A moins d’être un gens du voyage fixe, si la caravane a pris racine : les critères d’attribution des aides retiennent le seul cas de «caravane immobilisée sur un soubassement», dans un camping ou un terrain privé avec autorisation d’urbanisme. Voilà d’excellents moyens d’éloigner les manouches de ces aides.

La liste des «situations non retenues» est aussi intéressante : les SDF sont exclus de ces aides s’ils sont «à la rue, en squat, sous tente, en hébergement instable, dans un véhicule (voiture, camion, camping-car)». On se demande s’il y a un cas d’absence de domicile fixe qui tombe dans le cadre des critères retenus. Et le comble, c’est que sont aussi exclues « les personnes ayant élu domicile au CCAS ou auprès d’un organisme agréé, Aida, Gasprom, Francisco Ferrer », qui sont des associations reconnues officiellement pour l’accueil des sans papiers et sans abri. Pareil pour les minables accueillis en CHRS (foyers spécialisés d’urgence) : ils peuvent toujours se brosser. Une adresse en résidence étudiante suffit aussi à être privé d’aide. On dit «inéligible au dispositif», en jargon administratif. Peu importe leur adresse à Nantes, les étudiants étrangers peuvent toujours courir.

Evidemment, déboutés du droit d’asile, voire demandeurs ayant fait un recours au tribunal administratif doivent aller se faire voir ailleurs. Pour connaître les critères retenus aux guichets d’aide sociale d’ailleurs, il faut peut-être se renseigner à la mairie de Nullepart, du lundi au vendredi. Euh, Nullepart-ville ou Nullepart-plage ?

Don de la farce. Charité très bien ordonnée

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