La lettre à Lulu
Lulu 100

En plein dans les ouille ouille ouille

Testiquoi ?


Un plot n’est pas un complot. Mais ça fait quand même mal.


Lors des manifs contre la loi travail, onze personnes ont été blessées par des grenades, des bousculades et des tirs de balles en caoutchouc dur. Ces onze plaintes au pénal pour « violence volontaire avec arme par policier détenteur de l’autorité publique » ont été classées sans suite par le parquet en mai 2017, avec un motif surprenant servi égalitairement à toutes et tous :  « Les faits dont vous vous êtes plaints ne sont pas punis par la loi ». Pas que l’on n’ait pas de preuve, ou pas de policier formellement identifié comme auteur des faits. Non, juste que ce ne serait subitement pas illégal de cogner sur les gens... On découvre à l’occasion que les violences policières sont aussi des mauvais coups entre policiers eux-mêmes, sans l’aide de personne d’autre.

Les enquêtes de l’IGPN, la police des polices, ont été menées et ont servi au classement mais elle étaient jusqu’ici invisibles aux plaignants pendant presque un an. Quatre sur onze ont finalement été lâchées par le parquet. On y lit par exemple que ce 19  mai 2016, Nadia Rondeau, gardienne de la paix est en « fonction de voltigeur au sein du groupe 712 de la CDI », compagnie départementale d’intervention. Elle consigne un jet de grenade de désencerclement. Mais elle a raté son coup : « La grenade a percuté l’angle d’un mur et est revenue en direction de notre position, un plot est venu heurter un collègue au niveau des parties génitales ». Effectivement,  Erwan Le Gall  est inventorié dans les victimes policières du jour comme « blessé testicule ». Il explique d’ailleurs qu’avant ce coup au plus intime, il a lui aussi lâché une grenade mais qu’après il était aux urgences. Les statistiques des blessés policiers servant à légitimer le degré de réponse des forces de l’ordinaire, on peut se poser certaines questions. En avril 2012, un autre procès mettant en cause un policier auteur d’un tir de LBD40 avait aussi permis de dévoiler qu’un des blessés dans les rangs policiers devait son petit doigts cassé à l’empressement de ses collègues à refermer le portail du rectorat en oubliant la mimine du collègue. Dans le maintien de l’ordre, il faut se méfier de tout le monde, même de ses congénères.
Pablo Escopette
 

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