La lettre à Lulu
Lulu 57 - juillet 2007

Estuaire 2007. La croisière s'emmerde



Au courant. La croisière s'emmerde

Cinq heures aller-retour. Pas une minute de perdue si on boycotte la croisière.

La balade en Loire ne coûte pas trop cher: 11 euros. Mais franchement, en deux heures et demie de Nantes à Saint-Naz, autant pour l'inverse, on s'emmerde ferme. Pas grand-chose à voir. C'est deux fois pire pour les petits veinards qui ont cru s'offrir un truc sympa avec l'aller-retour de nuit vantée comme «une croisière au coucher du soleil puis, la nuit venue, naviguer et découvrir les œuvres dans l'atmosphère enchantée des nuits estuairiennes». L'enchantement du coucher de soleil a viré coup de sommeil. Les croisiéristes en ont déjà marre avant l'escale à Saint-Nazaire. Au retour, ils roupillent carrément. Cinq heures de navigation avec un paysage monotone, c'est un peu trop. «J'ai fait une balade sur le bateau qui descend la Loire, un jour où le bateau était plein de scolaires, qui n'en avaient rien à foutre, confie un chef d'entreprise. On ne leur a pas donné de casque pour écouter les commentaires, mais de toute façon, pas grave, ils n'auraient pas écouté, trop occupés à manger et à chahuter entre eux. On dit que c'est plein, ces balades sur l'eau, mais avec des scolaires aussi peu motivés, c'est n'importe quoi». Les gens sont déçus. Où est le spectaculaire promis? Pas sûr qu'ils reviennent dans deux ans, et encore moins dans quatre, si la biennale remet vraiment le couvert. D'autres ont encore eu moins de chance, à la mi-juillet, la navette est carrément en panne deux jours de suite. Il faut rembourser les touristes qui ont fait le voyage en train jusqu'à Saint-Nazaire et attendent un bateau qui ne viendra pas. Ils y gagnent un aller-retour en TER. C'est bien aussi, les croisières en train.


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