La lettre à Lulu
Lulu 102-103

Farinella Rolland se plaint


Les farineurs, au bagne, au pilori, à l’échaffaud !


Le 6 octobre, des militants ont interpellé Mme Rolland et l’ont aspergée de farine. Un insupportable crime de lèse-plastron, un ignoble attentat poudreux a atteint la bourgmestresse. Chagrinée par un nuage de céréale pulvérulente, Mme Rolland a fait traîner devant les juges les dangereux malfrats armés de farine volante. En cause, sa gestion municipale hypocrite de l’accueil des migrants. Et sa recette maison, traditionnel dosage humanité/fermeté a surtout paru fermentable. Le jardin des fonderies expulsé, après celui de Daviais, tous deux soigneusement grillagés, gardés par des vigiles. L’ancienne maison de retraite Bréa évacuée par la police cueillant au passage quatre migrants aussitôt envoyés en centre de rétention, alors que le relogement devait se faire sans embrouille ni piège. La plainte a permis à la police d’exprimer son sens de la démesure. Quatre perquisitions : chez les deux parents de l’enfarineur, à une ancienne adresse, à l’Autre cantine, QG des repas cuisinés pour les migrants. Pour arrêter le coupable, qui ne s’est jamais caché, on a géolocalisé son téléphone, requis la liste des coups de fils chez l’opérateur téléphonique, épluché toutes les communications. Autant que pour du grand banditisme. En fait, l’enfarineur de rue est allé de lui-même au commissariat. Son avocat a vainement cherché un précédent de poursuite judiciaire pour jet de farine, ici assimilé à un outrage. La tarte à la crème, c’est cousin mais plus crémeux. Audience le 9 janvier. Farinella Rolland connaît bien la théorie de l’escalade de la criminalité : on commence par la farine, on finit par des gâteaux !
Farinella Rolland se plaint

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