La lettre à Lulu
Lulu 84 - mai 2014

Fur et à mesure. Compenser, plus con qu’on pense


Mesures compensatoires ou droit à détruire, le même calcul est tenté dans l’estuaire qu’à ND-des-Landes. Il y a des coups de pieds au calcul qui se perdent.


La vase à Méan ? Table rase. Préfet, milieux économiques et portuaires sont d’accord. Et avec la même méthode des mesures compensatoires récusée à ND-des-Landes. Le système est copié sur les quotas d’émission de gaz à effet de serre, que les industriels vendent quand ils ont des excédents ou rachètent quand ils ont trop pollué. Un marché international qui équivaut à un vrai droit à polluer . Comme les « indulgences » des cathos du Moyen âge, inaccessibles aux pauvres. Les mutualisations de mesures compensatoires, c’est pareil. Pour le projet d’aéroport ou de classement de l’estuaire, faute de pouvoir récréer autant de surfaces naturelles que ce qui serait détruit, Biotope la joue à l’américaine : aux USA, depuis les années 1990, quelque 500 « banques de compensation » permettent de ratiboiser un coin de nature avec un droit à détruire tarifé, aussi cynique que légal. Comme un permis à points : « Un hectare vaut par exemple 25 points. Si on le détruit, il faut trouver 25 points pour le remplacer, disons dix mares à 2,5 points. Le principe de compensation appuie l’idée que partout où la nature embête, on va la déménager ; et pour ça, il suffirait de la mesurer » note François de Beaulieu, du Collectif des naturalistes en lutte à ND-des-Landes et secrétaire général de Bretagne vivante.
Déjà, l’idée de faire des dégâts et de compenser à la découpe, élément par élément, est absurde, oubliant les interactions de tout écosystème entre espaces, végétation, réseaux aquatiques. À supposer que ça marche, ces milieux se montrant naturellement rétifs au copié-collé.

Irréalisable mouvant

Sans précédent en France avec une telle ampleur, ND-des-Landes ou l’estuaire de la Loire pourraient servir de modèle pour les futurs bétonnages en Europe. Problème : le rapport d’experts chargés par Ayrault en décembre 2012 de jauger la pertinence de ce joli système compensatoire en a récusé le principe, l’absence de suivi sérieux et de garantie de résultats, relevant même « son excessive complexité, la rendant peu intelligible par les citoyens ». Ce qui plombe un calcul prétendant « créer ou restaurer un tel complexe d’écosystèmes à l’identique ».

Normalement, dans le système français, tout projet qui risque de ruiner un milieu naturel doit envisager deux phases, « éviter » et « réduire », avant de « compenser », dernière possibilité et non pas un but en soi, ni un calcul légitimant de brûler les étapes. Compensation, nouveau piège à cons.

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