La lettre à Lulu
Lulu N° 80 - mai 2013

Garden party. Quand les Floralies chient dans le potager


Le Radis noir a été déraciné. Non mais de squat je me mêle.


Les squatteurs sont arrivés courant décembre, au 7 quai Henri Barbusse, face à l’Erdre. D’emblée, le lieu s’affiche alternatif : projections de vidéo, concerts, friperie gratuite. On s’installe, on tisse des liens avec les voisins. Une boîte aux lettres fait son apparition : à lire l’étiquette, les occupants s’appelleraient Lili Potimarron, Pénélope Radis ou Robert Pâtisson. Le poème jardinier n’est pas du goût des propriétaires, l’Hôtel de l’horticulture. Qui accueillera, en mai 2014 la nouvelle édition des Floralies, « prestigieuse manifestation ornementale ». À en croire son site internet, le comité des Floralies « contribue à la protection de la nature, à l’amélioration de l’environnement et du cadre de vie ». Faut croire que ce « cadre de vie » n’est pas pour les pauvres bêcheurs sans droits ni titre qui faneraient le prestige. La boîte aux lettres est nuitamment arrachée, le courrier intercepté à cinq ou six reprises... Une plainte est déposée, trois jours après l’installation des cucurbitacées sans binette fixe. La convocation au tribunal ne traîne pas. L’audience a lieu à peine un mois après l’installation.

L’avocat des Floralies*, qu’est pas la moitié d’un concombre, n’a pas grand-chose dans sa besace et met en avant l’insalubrité des locaux. Effectivement, ce bâtiment est inoccupé depuis 1984. Toutefois, seules deux pièces sont inhabitables et l’accès en a été condamné par les occupants.**
Mais, dans la perspective de ces Floralies internationales, des travaux seraient prévus et il y a donc subitement urgence à expulser. Le tribunal suit l’argumentaire : « Il serait criminel de laisser ces gens vivre dans de telles conditions », déclare la présidente après avoir demandé à une des occupantes (34 ans) si elle ne pouvait pas retourner vivre chez ses parents. Expulsion immédiate prononcée mi-février. Voilà une affaire rondement menée.

C’est pas la peur du garde champêtre, mais les squatteurs décident, le dimanche 3, d’aller planter leurs choux ailleurs. Dès le lundi 4, pétochard, le comité des Floralies fait condamner l’accès au bâtiment. Avec des planches de chantier où ne figurent pas de label forêts durables biodégradables socialement responsables. Tout ça en pleine année capitale verte, un an avant des Floralies désherbées des gueux, dans un « cadre de vie » bien cadré. Chiche qu’on surveille l’avancement des travaux ?

Hercule Poireau.


* Maître Maudet du cabinet Cornet, Vincent & Ségurel, avocats entre autres d’AGO  (Vinci), assez expéditifs dans leurs réquisitions contre les manifestants anti-NDL
** Un bâtiment de trois ailes sur une cour en herbe. En façade, deux grandes pièces en contrebas de la rue, où ont lieu concerts, rencontres et projections. Au-dessus, un dortoir collectif pour les amis de passage (notamment Zadistes). Avec une pièce à vivre, coin cuisine et WC. Dans les deux ailes sur cour, quatre pièces tout à fait habitables, occupées par les quatre à six personnes. Soit un espace tout à fait réquisitionnable depuis près de trente ans.

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