La lettre à Lulu
N° 77 - juillet 2012

Haut les mains ! Intendants force de vente


Des fonctionnaires, auxiliaires de police de cantine ? Allons donc. Ils veillent simplement aux performances des logiciels.


Haut les mains ! Intendants force de vente
Alise, une des nombreuses sociétés qui vendent des bornes de reconnaissance de la main a su se trouver des comparses dans la place. Économes et intendants des établissements scolaires sont réunis dans un club de gestionnaires de cantines, dédié à sa solution industrielle. Le club national des utilisateurs Arc-en-self (c'est le nom du logiciel de la société Alise) relaye donc le baratin commercial de l'entreprise qui l'a initié. Un club de gestionnaires zélés présidé par une Nantaise, Gaëlle Auffret, dans le civil intendante au lycée Nicolas Appert d'Orvault (Loire-Inférieure).

Clé en main

Chargée de achats dans l'établissement, la dame se sert du logiciel Alise de traitement informatisé des pensionnaires et demi pensionnaires, et gère la cantine où les élèves n'utilisent pas le système Alise RCM (reconnaissance du contour de la main) pour pointer leurs repas. Faute de place, s'excuse-t-elle sur le site professionnel d'alise, où elle livre son témoignage. "Alise, ce n'est qu'un fournisseur", dit-elle à Lulu. Ne lui dites pas qu'elle est VRP, elle se dit juste "maillon intermédiaire comme référent de proximité". Sa présidence du club, un conflit d'intérêt ? Juste une "association indépendante de collègues utilisateurs d'un logiciel choisi en son temps en mettant en concurrence les solutions sur le marché. Le but, c'est de faire évoluer le produit selon les réglementations, les attentes des familles. Les points de progression sont fournis à la société en charge". Ce qui fait du club au moins un auxiliaire très utile pour l'entreprise.

La première année, l'adhésion (160 euros) est prise en charge par Alise. Puis, ce sont les établissements qui raquent. Les sommes collectées financent les déplacements et assemblées générales aux quatre coins de la France, en invitant les collègues des bahuts n'ayant pas encore choisi les modèles les logiciels Alise, ou ses bornes biométriques. Ce club, c'est un bel argument de vente pour la société qui met en avant la présence d'utilisateurs témoignant de leur expérience. Toute cette force de vente est donc payée de ses bons services par un budget apporté par les bahuts. Et c'est ainsi que le service public est grand et bon. La biométrie, ce n'est rien de plus que la politique de la main tendue vers le privé. Ça serait dommage de s'en priver.

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