La lettre à Lulu
n°20 - oct

Identité multiple. L’enfer du vice-président


Pour Jean-Claude Merceron, l’enfer est pavé de bonnes tentations. Mais le vice-président du Conseil général de Vendée est fermement inquiet : de l’enfer à l’enfermement, il n’y a qu’un pas. Et là, il ne marche pas.


Identité multiple. L’enfer du vice-président
Jean-Claude Merceron a des oublis. Vice-président du Conseil général de Vendée et maire de Givrand, il oublie parfois qu’il est architecte, et inversement. En février 1993, au Sivom du canton de St-Gilles-Croix-de-Vie qu’il préside, le bon Jean-Claude décide de créer une zone d’activités sur sa commune. Sans évoquer, dit-il aujourd’hui, un bon projet, dont il consentira, bon prince, à être l’architecte : l’établissement d’un dépôt de 7 000 m2 pour «Le Stéphanois», une boîte de vente d’outillage, dont le PDG est adjoint au maire d’une des communes du Sivom, St-Revérend.

Jean-Claude vote l’acquisition des terrains un an plus tard. Une indemnité d’éviction est versée aux deux paysans exploitant les terres, mais le mieux défrayé se trouve être -simple hasard- cousin germain de Jean-Claude. Des terrains à acheter aux travaux de voirie et parkings, la communauté de communes investit 3,4 MF.

Ainsi viabilisé, le terrain est bradé pour un dixième de son coût, avec exonération de cinq ans de taxe professionnelle, vendu à un groupe d’investisseurs qui se choisit un architecte. Tiens donc, c’est le très bon Jean-Claude qui s’y colle. Il n’y a, bien sûr, aucun lien de reconnaissance entre le fait qu’on l’ait choisi entre mille et ses votes à la Communauté des communes Atlancia pour acquérir les terrains et les revendre prêts à l’emploi. Le client de Jean-Claude Merceron se voit délivrer un permis de construire à Givrand où l’architecte est maire, quatre mois avant que le terrain ne soit acheté ! Ça n’est pas tout. En septembre 1995, pour le maintien de l’emploi en secteur rural, le Conseil général, dont Merceron est un des vice-présidents, accorde une subvention de 826 000 F «à caractère automatique» à son client la société Le Stéphanois*. «Ma voix n’était pas déterminante, sans quoi je n’aurais pas manqué de me retirer» commente JCM.

Quelques une de ces anomalies de parcours autour du Stéphanois et d’autres affaires impliquant JCM, alimentent les conversations serrées entre les inspecteurs de la brigade financière de la PJ d’Angers et Jean-Claude Merceron. Qui se demande bien où il va passer Noël.


<I>* Cette subvention ne sera pas versée directement mais reçue par la communauté de communes Atlancia et un organisme de financement pour la bonification d’intérêts, Auxicomi.</I>

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