La lettre à Lulu
Lulu 86-87 - novembre 2014

L’appart d’ombre, épisode 2. Nécessolues absités de service


Le caprice immobilier de patron du département n’aura servi que neuf mois.


Parti, le big boss. Le 15 juin dernier, pfuit, plus de directeur général des services. Le président du conseil général s’est fendu d’un mail interne aux salariés du département intitulé : "Je vous annonce le départ d’Éric Ardouin". Et voilà. Le directeur général des services dégage donc neuf mois après avoir fait un caprice pour qu’on lui paye un bel appartement de 125 m² pour la bagatelle de 565 000 euros*. Outre la vue sur le canal Saint-Félix, le loyer était assez avantageux : il était gratuit. Ce bien immobilier n’étant pas suffisamment classe pour Monsieur, il l’a fait rafraîchir à grands frais – un classique –-, allant jusqu’à faire installer un système automatique, électrique, pour actionner à distance les portes de placard.

Le budget du conseil général a encaissé – ou plutôt décaissé – ces frasques supplémentaires. Il ne faut pas se laisser submerger par de bas instincts de jalousie, qui mèneraient à une incapacité à percevoir le bien fondé de la "nécessité absolue de service", cadre légal dans lequel s’est inscrit cet achat immobilier. Et c’est du passé, tout ça. Éric Ardouin a désormais rejoint la métropole de Bordeaux, où tous nos vœux l’accompagnent.

Le devenir de cet appartement de circonstance est en suspens. Y loger le successeur ? L’actuel DGS, Franck Périnet, était déjà pourvu, occupant jusque là des fonctions de "directeur général territoires" dans la maison. Revendre l’appartement ? Possible. À moins d’y loger des stagiaires et d’en user pour dépanner des cadres du département de temps à autre, comme dans la maison achetée près du Petit-Port pour le DGS d’avant, Patrick Reix, en poste de 2004 à 2011. Et parti en laissant son adresse inoccupée.

Quant à Éric Ardouin, il est parti un peu vite. En faisant ses valises, il a oublié de rendre l’iPad fourni par le CG quand il était à Nantes. Il va sans dire que l’intéressé va sans doute se trouver un jour disposé à retourner l’appareil. Cette restitution doit être inscrite dans ses tablettes. Officiellement, cet iPad serait en cours de transfert de données personnelles, mais ça dure, ça dure, et l’argument est un peu inopérant, puisqu’il n’y a pas de données personnelles dans un iPad : elles sont logées direct dans iCloud ou chez DropBox. Lulu a posé la question par mail à Éric Ardouin, concernant le retour de ce petit accessoire de fonction, mais la question a dû lui paraître accessoire. Il a fait comme à Nantes : il ne répond pas aux désobligeants.

Bruno Bligé

*  « L’appart d’ombre du patron du département », Lulu n° 82-83, décembre 2013

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