La lettre à Lulu
N°98-99 - décembre 2017

L'écononuméricus namnétus




Numérique raque. Toute fière, l'Auran, l'agence d'urbanisme nantaise, a édité un dépliant sur l'économie numérique, dernier fleuron du contentement d'une cité trop contente d'être contente. On y lit que 70 % de la création d'entreprises entre 2015 et 2016 à Nantes métropole se concentre sur trois activités assimilables à celles des coursiers à vélo et des chauffeurs de VTC (voiture de transport avec chauffeur), précisément l'uberisation de travail : « 500 coursiers à vélo et 200 chauffeurs de VTC » [soit un peu moins que les 250 chauffeurs de taxi détenteurs d'une licence] avec ce commentaire : « L'année 2016 a connu une très forte augmentation des créations d'entreprises dans ces activités sur l'agglomération. » Les coursiers à vélo étant déclarés en auto-entrepreneurs même s'ils dépendent uniquement des commandes transmises par leur plate-forme, Deliveroo, Foodora ou Uber eats, pour les stats de Nantes métropole, ces trimards la tête dans le guidon sont des patrons. Bienvenue au club. La patronat est vraiment galvaudé, ces temps-ci.

Électro, c'est trop. Avant le festival Scopitone, un hebdo culturel (Télérama, 19/09) s'ébahit devant les soirées électro nantaises, Ayrault ayant permis « une belle victoire politique pour la techno ! » en s'opposant sous le gouvernement Jospin à la saisie par la maréchaussée des sound systems des raves sauvages. On voit pas trop le rapport entre les teuffeurs et l'actuelle figure du hipster clubber soigné du capillaire et du beat down tempo arrosé de shooters et de substances poudreuses synthétiques. Clichés obtus, tout ça. C'est au sein du Conseil de la nuit nantaise que se fomente une révolution sociale sans précédent. Tous unis dans les « usines de sudation » révélées par Téléramdam.

Afterminus. La célébration de Nantes numérique, Nantes électronique, la fête boum boum entre gens chics, c'est un peu raté. Le festival Scopitone avait prévu des afters officiels, nuits électro de 5 h du mat' à 10 h dans un resto de l'Île de Nantes géré par un promoteur immobilier en vue. À une heure près de l'événement noctambule, il a fallu tout annuler, rembourser les 300 réservations, payer les DJ à moitié, la police municipale rappelant qu'un arrêté préfectoral interdit l'ouverture des bistrots avant 6 h du mat' (Ouest-France, 22/09). Pour l'attractivité techno de Nantes, c'est échec et matin.

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