La lettre à Lulu
n°38 - nov

L’oreille cassée. Vol de coucous au-dessus des nids


Le mur du son ne doit pas empêcher de construire, en dessous. Car le bruit des avions sait se faire oublier, si on lui demande gentiment.


L’oreille cassée. Vol de coucous au-dessus des nids
Dixième aéroport français, Château-Bougon-Atlantique a pour obligation de contrarier un minimum son entourage. Les règlements* le contraignent notamment à définir les zones où les riverains peuvent ramasser une aide financière pour insonoriser leurs logements. L’obligation, qui concerne aussi le niveau de protection des constructions futures, a potentiellement une incidence sur le Plan Local d’Urbanisme (PLU) des communes touchées. Afin de fixer l’étendue de cette gêne, des capteurs seront disposés courant 2003 sur le passage des 50 000 boeings, Airbus et autres Fokkers qui empruntent chaque année le couloir aérien nantais, près de la gare de Nantes, du château d’eau de Rezé et à Saint-Aignan-de-Grandlieu.

Enfin presque sur leur passage… Le 2 octobre, la commission consultative où siègent entre autres représentants du préfet, de la Chambre de commerce, de l’aéroport, de l’Equipement, et d’associations de riverains et de défense de l’environnement, a entériné le projet le plus avantageux. Avantageux pour l’avenir immobilier de la Communauté urbaine. L’île Sainte-Anne qu’on aurait pu croire survolée par tous ces avions vient d’échapper grâce à un coup de gomme magique aux tracasseries administratives et immobilières. Idem pour Trentemoult qui doit désormais se rendre à l’évidence : les bruits de réacteurs perçus de jour comme de nuit par les riverains ne sont qu’illusions d’oreilles.
Leur PLU préservé, les maires de l’agglo peuvent dormir sur leurs deux tympans, à condition, bien sûr, d’habiter loin du couloir aérien. Car les passages nocturnes - prohibés quand même de 23 h à 6 h du matin - ont trouvé une dérogation pour dix décollages et atterrissages en cas de nécessité.

L’Union Départementale de Protection de la Nature s’inquiète des risques que font planer les avions survolant la ville et atterrissant «à vue». Justification de cette pratique d’approche au jugé : faciliter la régulation des arrivées par les contrôleurs, raccourcir les trajectoires et donc réduire le nombre de riverains survolés. «Tous les grands aéroports ont supprimé l’approche à vue», peste un membre de l’association. «Exemple : celui de Mulhouse est à 25 km de la ville alors que celui de Bouguenais bute sur l’agglomération. L’augmentation du trafic aérien devrait aboutir au renforcement des sécurités». Des inquiétudes prémonitoires puisque, le 2 novembre et jour des Morts, un aéroplane a fini son atterrissage à Bordeaux après que le pilote a entamé sans succès sa descente vers la piste châteaubougonne. Les procédures d’arrivées et de départs ont plus de vingt ans, mais le trafic aérien nantais a presque quintuplé depuis leur création. Devenir sourd ou se prendre un crash dans son jardin, en voilà un dilemme. C’était la rubrique petit potin.

<I>* Sous l’Autorité de Contrôle des Nuisances Sonores Aéroportuaires et de la Commission Consultative de l’Environnement.</I>

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