La lettre à Lulu
Lulu 102-103

L’unique bien dupliqué

Ouitransfer



Si l’opération « Transfert » occupant la friche des anciens abattoirs de Rezé est bien programmée pour cinq ans en attendant les bulldozers des promoteurs, le machin n’ouvre que pour l’été des touristes. Du 1er juillet au 9 septembre. Soit dix semaines la première année. Avec 13 et 17 millions d’euros de budget estimé d’ici 2022, on oscille entre 37 000 et 45 000 € par jour. Pour Fabrice Roussel, vice prez’ tourisme à Nantes métro, c’est « un projet unique en France ». Pas si unique : selon une étude de l’Institut d’aménagement d’Île-de-France, les projets d’« urbanisme transitoire » qui légalisent des friches d’artistes se développent fortement depuis 2010. Et en 2015 la SNCF a eu la même idée d’occupation éphémère avant gros projet immobilier. On peut toujours prétendre avoir inventé l’unique fil à couper l’eau chaude.

* « Transfert de fonds », Lulu n° 101, juillet 2018.

Consigne extérieure de pauvreté
Le maire de Rezé a confié à Ouest-France (08/09) le négatif du bilan de Transfert : les gamins Roms « ont provoqué de l’agacement chez les visiteurs en insistant pour récupérer l’euro des consignes des gobelets en plastique. Il faudra qu’on en parle avec les parents. » Si chacun de ces chenapans était limité à dix verres à consigne par jour, il faudrait qu’ils soient 3 700 à 4 500 pour égaler le budget journalier de la pré-opération immobilière. ça doperait le bilan des entrées.

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