La lettre à Lulu
Lulu 102-103

La Région hisse le drapeau blanc


Un lycée public nimbé de foi et patrie.


Le nouveau bahut de Carquefou est baptisé D’Estienne d’Orves. Face aux profs, élèves et parents, qui avaient préféré Hubert Reeves, Alan Turing version matheux ou Michel Serres plus philo, la Région a imposé le héros de bénitier, partisan de « l’insurrection évangélique ». Henri, comte d’Estienne d’Orves, fils de famille royaliste, descendant de deux généraux de l’armée catholique et royale des guerres de Vendée, « élevé dans la fidélité au drapeau » monarchiste, proche de l’Action française quand il est lycéen. Donc un modèle pour les potaches actuels. Étudiant, catho assidu, Henri Louis participe aux « équipes sociales » de Robert Garric qui veut forger une élite sociale paternaliste et « délivrer aux ouvriers la bonne parole sur la confraternité née des tranchées ». Dans son journal, Estienne d’Orves exalte sa foi patriotique et sa ferveur catholique. Pour le villiériste Antoine Chéreau, vice-président du conseil régional, le lieutenant de vaisseau D’Estienne d’Orves, produit de l’école de Guerre, puis résistant, est un « personnage historique porteur des valeurs régionales »... Seul ancrage local de l’aristo provençal, huit jours à Chantenay, avant l’arrestation en janvier 1941, sept mois avant d’être fusillé. L'Action française nantaise dénonce aujourd’hui une polémique où elle flaire la « haine de la nation, de la chrétienté, de la France ». La laïcité doit s’y soumettre, sans séparation du sabre et du goupillon. Voilà en gros les lieutenants et aboutissants.

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