La lettre à Lulu
Lulu 92 - mai 2016

La carte de visite de la zad

Zakarta


À peine éditée, la carte de la zad est déjà un best-seller low cost. Épuisée, bientôt retirée.


C’est le contraire de la technocarte. Dépliée, cette carte de deux tiers de mètres carré étale ses histoires en plusieurs couches superposées. On peut y vagabonder, s’y raconter des histoires, en rajouter d’autres au crayon de couleur, partir en visite sur place. Cette carte à histoires a une petite histoire : depuis plus de deux ans, un groupe de zadistes et associés gribouille et mémorise graphiquement les zones sensibles de la Zad, où s’envisageraient les travaux, où s’enracinent occupations et emprises agricoles. Quelques-unes des ces cartes sont téléchargées régulièrement sur le site zadnadir.org. Ce groupe CartoZ s’est allié à un dessinateur, un graphiste et un éditeur pour produire cette représentation à plusieurs lectures. Et ça s’est vendu comme des petits pains sur la quatre voies Nantes - Saint-Nazaire occupée par la manif du 27 février 2016. Un diable, des cartons de cartes et des centaines de gens ravis de repartir avec cette trace d’histoires autant que de géographies, au pluriel.

La carte qui vient de faire son tabac mêle récit cartographiques, notations subjectives, situations des lieux de vie, zones de conflits, policiers dans la boue, fourgons renversés sur le dos, pieds de nez et poésie. Sans échelle et sans points cardinaux. Volontairement. « Une carte pour se perdre et se retrouver, pour discuter, pour s’enrouler dedans », dit Fred du collectif « À la criée  » qui l’a éditée et la vend à prix coûtant, un euro. Symbolique. Le marketing manque d’ambition : elle n'est pas encore en vente dans toutes les bonnes gendarmeries.

« Il s’agissait pour nous d’évoquer l’ensemble de "l’humanité" sur le territoire de la Zad plutôt que de transcrire des surfaces précises, des divisions territoriales artificielles imbriquées comme un puzzle figé, disent les auteurs. La Zad, c’est un grand territoire aux usages sans cesse réinventés, qui va des microactivités intimes aux macrorassemblement connectés au monde. La forme cartographique devait tenir compte de ce mouvement. Les limites des surfaces différenciées sont volontairement souples et, malgré une légende précise, ces surfaces sont colorées avec des tons très proches les uns des autres, pour signifier des statuts territoriaux sans doute différents mais destinés à se fédérer .» C’est bien connu : la Zad joue et jouera toutes ses cartes. Quant à prédire l’avenir, il faudrait savoir lire dans les cartes.

Eliclus Rezé

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