La lettre à Lulu
Lulu 43 - décembre 2003

La parole est d’argent



«La prison est devenue le traitement de tout ce qui dérange à l’extérieur», reconnaît Véronique Vasseur, ex-médecin chef de la prison de la Santé* pendant 15 ans, invitée récemment à Nantes en toute discrétion médiatique. «On peut aussi décider de la vider de 70 % de ses occupants»… à conditions que d’autres institutions plus adaptées à la situation de chacun prennent le relais, «mais à chaque fois que l’on constate une baisse de l’État social, on constate une hausse de l’État pénal». Même voix de la part d’un responsable CGT de la maison d’arrêt : «On ne peut pas se satisfaire d’accueillir des gens condamnés cinq ans avant et qui viennent exécuter un reliquat de 15 jours. On retire des gens de la société, mais comment va-t-on les rendre ?».

</I>* «Médecin chef à la prison de la Santé»
Ed. du Cherche-midi. Un témoignage brûlot paru il y a quatre ans qui avait permis aux députés et sénateurs de prendre conscience de la situation et de crier leur honte de la République. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts, un ministre de l’Intérieur est passé et on compte 10 000 détenus de plus en France depuis l’année dernière.</I>

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