La lettre à Lulu
Lulu 101

La police, son affaire personnel

Uniformisation



Effectifs, renforts, une obsession rollandesque.


Mme Rolland a vu M. Collomb le 7 mai place Beauvau. « Le ministre de l’Intérieur s’est engagé à attribuer plus de moyens de police à Nantes » (Presse-O, 12/05). Johanna Rolland en veut toujours plus. Candidate aux municipales, elle « salue l’équipe actuelle [dont elle fait partie] pour sa “politique sécuritaire positive” » et clame : « J’interpelle l’État au sujet des effectifs de terrain ». Un leitmotiv. Une fois élue, « Johanna Rolland se félicite du renfort de 54 policiers » (Ouest-France, 05/03/2014). Neuf mois plus tard, c’est insuffisant : « J’ai demandé à l’État le renforcement exceptionnel des effectifs de police » (20 minutes, 04/12/2014). Et ça marche : « Une centaine d’hommes viennent soutenir les effectifs de la police nationale à Nantes, après plusieurs épisodes de violences dans les quartiers » (LCI, 11/12/2014). Ça, c’était en 2014.

« Renforts de police : Johanna Rolland interpelle Manuel Valls » (Ouest-France, 29/10/ 2015). Puis la ville de Nantes recrute « vingt nouveaux policiers municipaux, qui viendront s’ajouter aux 95 existants » (Ouest-France, 24/03/2016). Municipaux,  nationaux, elle n’en a jamais assez. « 34 policiers des forces mobiles ont ainsi été détachés à Nantes du 1er au 9 septembre 2017 pour patrouiller dans les rames et sécuriser la place du Commerce ». Johanna Rolland réclame à nouveau à la préfecture. Bingo : « L’État a confirmé l’arrivée de 60 CRS supplémentaires à partir du 19 septembre, dans le cadre d’un plan de sécurisation renforcée. » (nantes.fr, 08/09/2017).

Février 2018, le plan police de sécurité du quotidien de Collomb fait de Nantes une des villes pilotes. Malakoff, Bellevue et les Dervallières, rebaptisés « quartiers de reconquête républicaine » recevront « des effectifs spécifiques d’ici à janvier 2019 » (Presse-O, 08/02), soit 15 à 30 flics de plus par quartier. Aucun rapport à chercher avec le meurtre d’Aboubakar Fofana, un 3 juillet et le rapport de l’IGPN, fin juin, relevant qu’en 2017 des policiers ont fait feu 394 fois, 54 % plus souvent qu’en 2016...

C'est pas tout : opérationnel depuis mars, le CSU (Centre de supervision urbain) de vidéosurveillance qui scrute 139 caméras de la métropole ouvre avec un effectif de 17 agents.

En ville, on se demandera bientôt qui est cet intrus, dépositaire de rien du tout, ni pistolet ni force publique, perdu au milieu des flics qui patrouillent en ville. Un habitant égaré. Ces gens-là se croient tout permis.
Aloysius XXL Pendergast

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